Mouvement social – L'Ukraine évite pour le moment l'état d'urgence

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Mouvement socialL'Ukraine évite pour le moment l'état d'urgence

Une réunion sur la crise politique était en cours lundi entre les trois principaux chefs de l'opposition et le président.

L'UE a appelé le pouvoir à tenir ses promesses, mais également l'opposition à se dissocier de ceux qui commettent des violences.

L'UE a appelé le pouvoir à tenir ses promesses, mais également l'opposition à se dissocier de ceux qui commettent des violences.

AFP

L'ex-boxeur Vitali Klitschko, Arseni Iatseniouk, du parti de l'ex-Première ministre emprisonnée Ioulia Timochenko, et le nationaliste Oleg Tiagnybok participaient à la rencontre au siège de la présidence à Kiev, selon un communiqué officiel. Peu avant, les formations politiques qu'ils dirigent avaient fait savoir, dans un communiqué commun, qu'elles étaient «prêtes à poursuivre les négociations». Soulignant que, ces derniers jours, le calme était revenu sur la place de l'Indépendance dans la capitale, où de vastes manifestations s'étaient déroulées, elles avertissaient toutefois que «la patience» des contestataires pouvait «atteindre ses limites à tout moment».

Les autorités n'ont «pas l'intention aujourd'hui de décréter l'état d'urgence», a de son côté affirmé le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Léonid Kojara, avant de souhaiter que les députés votent mardi des lois susceptibles de permettre de régler la situation. Dans le même temps, les contestataires ont évacué le ministère de la Justice, situé en plein centre de la capitale et qu'ils occupaient depuis dimanche soir. Les autorités avaient menacé de décréter l'état d'urgence et de mettre fin aux pourparlers si cette occupation perdurait, tandis que Vitali Klitschko avait invité les manifestants à quitter les lieux. Les opposants ont toutefois érigé à proximité des barricades, étendant un peu plus encore la zone qu'ils contrôlent autour de la place de l'Indépendance, haut lieu du mouvement de contestation déclenché il y a plus de deux mois après le refus du chef de l'État, fin novembre, de signer un accord de libre-échange avec l'Union européenne.

Timochenko parle de «conditions humiliantes»

L'UE a d'ailleurs appelé les autorités ukrainiennes à «remplir les promesses» faites à l'opposition, tout en exhortant celle-ci à «se dissocier clairement de tous ceux qui ont recours à la violence». Le commissaire européen chargé de la Politique de voisinage, Stefan Füle, devait, quant à lui, de nouveau se rendre, lundi, à Kiev. M. Ianoukovitch a fait samedi une série de concessions, proposant les postes les plus élevés du gouvernement à l'opposition, tout en se disant prêt à discuter d'une révision de la Constitution destinée à céder une partie de ses pouvoirs au gouvernement, mais les chefs de cette dernière cherchent notamment à obtenir une élection présidentielle anticipée.

Seule voix discordante, celle de Ioulia Timochenko, qui «demande de manière catégorique aux dirigeants de l'opposition de ne pas accepter» les «conditions humiliantes», selon elle, posées par le gouvernement pour parvenir à un accord, sans néanmoins davantage s'expliquer précisément sur ce point. Mais l'influence de celle qui fut sur les devants de la scène pendant la Révolution orange, en 2004, est loin d'être aussi grande qu'à cette époque dans les rangs des contestataires.

(L'essentiel/AFP)

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