Iran – L'ultraconserverteur Raïssi intronisé président
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IranL'ultraconserverteur Raïssi intronisé président

L'ultraconservateur Ebrahim Raïssi a été intronisé mardi, président de l'Iran, et devra s'atteler à redresser l'économie et relancer les pourparlers sur l'accord sur le nucléaire.

Le nouveau président, en plein discours au soir de son élection.

Le nouveau président, en plein discours au soir de son élection.

AFP/Mohsen Esmaeilzadeh

Vainqueur de la présidentielle de juin marquée par une abstention record, M. Raïssi succède au modéré Hassan Rohani, qui avait conclu en 2015 un accord sur le nucléaire iranien avec les grandes puissances, après des années de tensions. Ancien chef de l'Autorité judiciaire, M. Raïssi, 60 ans, entame officiellement son mandat de quatre ans après l'approbation de son élection par le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

La présidence de M. Raïssi devrait consacrer la mainmise des conservateurs sur le pouvoir, après leur victoire aux élections législatives en 2020. Pour Clément Therme, chercheur à l'Institut universitaire européen basé à Florence (Italie), l'objectif «principal» de M. Raïssi «sera l'amélioration de la situation économique en renforçant les relations économiques entre la République islamique d'Iran et les pays voisins»", mais aussi avec la Russie et la Chine.

«Intérêt national»

En 2018, l'ex-président Donald Trump avait retiré les États-Unis, pays ennemi de la République islamique d'Iran, de l'accord de 2015 et rétabli les sanctions américaines contre Téhéran. En riposte, l'Iran avait renoncé à la plupart de ses engagements clés qui limitaient ses activités nucléaires controversées. Les sanctions rétablies par Washington ont étouffé l'économie iranienne, mettant notamment un coup d'arrêt à ses exportations pétrolières. La crise économique a été aggravée par la pandémie de Covid-19: le pays est le plus durement touché du Proche et Moyen-Orient.

Sur le nucléaire, alors que les négociations semblent bloquées jusqu'à l'entrée en fonctions de M. Raïssi, ce dernier a d'emblée souligné qu'il défendrait les «intérêts nationaux». Et, dans un nouvel épisode de tensions avec l'Occident, Washington et Londres ont rejoint Israël en accusant l'Iran d'être derrière une attaque contre un pétrolier géré par un milliardaire israélien en mer d'Oman, qui a fait deux morts le 29 juillet. Les États-Unis ont menacé d'«une réplique appropriée». L'Iran a de son côté nié toute implication, avertissant qu'il répondrait à tout «aventurisme» s'il était pris pour cible.

(L'essentiel/afp)

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