Enseignement au Luxembourg: L'Uni peut-elle former les médecins de demain?

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Enseignement au Luxembourg L'Uni peut-elle former les médecins de demain?

BELVAL – Lancée pour la première fois en 2020, la formation en médecine de l’Université du Luxembourg propose désormais un premier cursus complet, avec sa troisième année de bachelor. Un pas important pour l'avenir.

par
Yannis Bouaraba

Chaque année, l’offre luxembourgeoise de formation en médecine s’étoffe un peu plus. Depuis la rentrée, le Bachelor en Médecine de l’Université du Luxembourg propose un cursus complet de trois années. « Il s’agit d’une avancée où tous les partenaires sont gagnants : notre jeune université développe une facette de compétence supplémentaire et le Grand-Duché franchit un pas décisif vers la palliation de la pénurie médicale annoncée par le rapport Lair en 2019», estime le professeur Gilbert Massard, directeur du Bachelor.

«Nous sommes très heureux, cela commence à mettre le Luxembourg au niveau des pays voisins» constate quant à elle Anne Eyschen, présidente de l’association luxembourgeoise des étudiants en médecine. La formation dispensée en trois langues (français 70%, allemand 20% et anglais 10%) a l’ambition de favoriser l’intégration des étudiants dans le système de santé luxembourgeois, en les initiant au cours de leurs stages dans des établissements locaux. « Cela augmente la probabilité qu'ils restent ici pour y faire carrière», ajoute l’étudiante.

«Devenir médecin au Luxembourg»

Dès la deuxième année, les étudiants passent au minimum entre 3 et 4 semaines de stage par semestre dans les hôpitaux ou avec des médecins généralistes. Le fruit d’une étroite coopération entre les services hospitaliers et les médecins généralistes du pays et l’Université.

«Pendant mes deux premières années, j’ai déjà pu faire onze semaines de stages hospitaliers dans les quatre hôpitaux du pays (CHEM, Hôpital Robert Schuman, CHL et CHdN). Ces nombreux stages m’ont motivé à devenir un médecin au Luxembourg» confie Franceso Illuzzi, étudiant en troisième année. «Cela permet à nos étudiants d’entrevoir les opportunités de carrière ultérieures (choix de la spécialité, identification d’un mode d’installation», ajoute le Pr Massard.

L’un des autres arguments mis en avant par la formation, est la taille de ses effectifs. La promotion limitée à 125 places en première année, est réduite à 33 en 2e année et à 13 en 3e année. Des chiffres qui contrastent avec les effectifs des promotions de première et deuxième années des universités voisines, facilement multipliés par dix. Une spécificité qui favorise la proximité avec les enseignants et qui offre, selon l’Université, «des conditions d’apprentissages optimales».

En l’absence d’un master, dont le projet, s’il a déjà été évoqué, n’est pas encore dans les tuyaux, l’Université du Luxembourg a conclu des partenariats avec des universités françaises, belges et allemandes. « La probabilité d’avoir une place en 2e année est beaucoup plus élevée au Bachelor en Médecine qu’en France par exemple » note encore Franceso Illuzzi.

Poursuivre en France, en Belgique et en Allemagne

La filière permet également à certains étudiants d’effectuer leur première année au Luxembourg, avant de rejoindre la France (34 places), la Belgique (15 places) et l’Allemagne (3 places). Une option réservée aux étudiants les mieux classés.

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