Toujours aucun accord – La Belgique dans une situation «dramatique»

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Toujours aucun accordLa Belgique dans une situation «dramatique»

Les partis politiques belges qui tentent de former un gouvernement, dont le pays est privé depuis plus de 500 jours, ont échoué à trouver un accord dans la nuit de dimanche à lundi.

Le socialiste francophone Elio Di Rupo a qualifié en interne la situation de «dramatique».

Le socialiste francophone Elio Di Rupo a qualifié en interne la situation de «dramatique».

AFP

Selon l'agence de presse belge, Belga, le Premier ministre pressenti qui mène les discussions, le socialiste francophone Elio Di Rupo, a qualifié en interne la situation de «dramatique» et indiqué vouloir réfléchir aux suites de la négociation. Les tractations, menées déjà depuis plusieurs semaines, avaient repris dimanche après-midi avec l'objectif de boucler un compromis. Mais elles ont achoppé dans la nuit sur un clivage droite-gauche au sein de la coalition de six partis francophones et flamands appelée en principe à soutenir le futur gouvernement d'Elio Di Rupo, avec peu de perspective de déblocage à court terme, selon plusieurs médias belges. Cette coalition doit impérativement se mettre d'accord sur le projet de budget fédéral 2012, avec d'importantes économies à réaliser afin de ne pas risquer de voir le pays aspiré à son tour par la crise de la dette de la zone euro.

Les partis libéraux, tant néerlandophone (Open VLD) que francophone (MR) jugent que les propositions du responsable socialiste donnent la part trop belle aux augmentations d'impôts et ne comprennent pas assez de coupes budgétaires ainsi que de projets de réformes de fond, du système des retraites ou des allocations chômage. L'Open Vld a ainsi jugé dimanche «insuffisantes» les nouvelles propositions budgétaires d'Elio Di Rupo et fustigé «un scénario déséquilibré qui ne favorisera pas l'augmentation du taux d'activité nécessaire à la préservation de notre prospérité».

Les libéraux francophones ont aussi jugé qu'il y avait trop de taxes de nature à pénaliser les petites et moyennes entreprises et à grever l'activité économique. En revanche, les autres formations (socialistes francophones et néerlandophones, chrétiens-démocrates flamands et centristes francophones) sont globalement prêts à soutenir les dernières propositions du Premier ministre pressenti. Le roi des Belges, Albert II, avait pourtant souligné la semaine dernière «l'urgence» d'aboutir à un accord sur la formation d'un gouvernement.

(L'essentiel Online/AFP)

Une crise qui dure

La Belgique est sans gouvernement de plein exercice depuis avril 2010 et elle voit ses taux d'emprunt obligataire grimper à des niveaux records dans le contexte de la crise de la dette.

Le Premier ministre sortant, Yves Leterme, et la Commission européenne ont lancé des appels pressants ces dernières semaines pour que le royaume se dote d'un budget ramenant le déficit public sous la barre des 3% du PIB en 2012. Au risque sinon d'une amende de la part de l'exécutif européen.

Pour rentrer dans les clous et respecter les engagements budgétaires pris envers l'Union européenne, les responsables belges doivent trouver 11,3 milliards d'euros pour le budget 2012 et une vingtaine de milliards au total d'ici 2015, un effort d'une ampleur historique contre lequel les syndicats ont déjà appelé à manifester le 2 décembre, avec une menace même de grève générale.

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