Démission de Di Rupo – La Belgique n'en finit plus avec sa crise politique

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Démission de Di RupoLa Belgique n'en finit plus avec sa crise politique

L'interminable crise belge s'est de nouveau aggravée lundi avec l'annonce de la démission d'Elio Di Rupo, en raison du blocage des négociations pour former un gouvernement.

Le socialiste wallon Elio Di Rupo a renoncé officiellement lundi à former un gouvernement en Belgique. Une démission qui plonge le pays encore plus dans la crise.

Le socialiste wallon Elio Di Rupo a renoncé officiellement lundi à former un gouvernement en Belgique. Une démission qui plonge le pays encore plus dans la crise.

AFP

Le roi Albert II a pris acte de la décision de M. Di Rupo, mais a mis sa démission «en suspens», en appelant la classe politique à réaliser «la gravité de la situation». «La défense de l'intérêt général de tous les Belges et les échéances européennes nécessitent une résolution très rapide de la crise politique», a affirmé le roi dans un communiqué publié par le palais royal.

M. Di Rupo, patron du PS francophone, a jeté l'éponge en début de soirée après une nouvelle journée de tensions, de crispations et de dramatisation comme la Belgique en a connu plusieurs depuis le début de la crise politique en juin 2010. Ces tractations politiques fébriles, suivies avec lassitude par l'opinion, devraient se poursuivre ces prochains jours. Le roi a en effet exhorté les six partis participant aux négociations à «prendre un temps de réflexion» pour «mesurer les conséquences d'un échec» et «chercher activement une solution».

Libéraux qui mettraient «le pays en danger»

La classe politique est en effet soumise aux pressions de plus en plus insistantes de la Commission européenne et des marchés, avec la menace pour le pays d'être à son tour aspiré par la crise de la dette. Les négociations ont été suspendues dans la nuit de dimanche à lundi sur un constat de «blocage des négociations budgétaires, sociales et économiques» sur les mesures à prendre pour ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB en 2012 au lieu des 4,6% prévus. La tache est rude car les négociateurs belges doivent trouver 11,3 milliards d'euros d'économies pour le budget 2012 et une vingtaine de milliards au total d'ici à 2015 afin de respecter les engagements budgétaires pris envers l'UE.

Les partis libéraux, tant néerlandophone (Open VLD) que francophone (MR), jugent que les propositions des socialistes et des centristes font la part trop belle aux hausses d'impôts et ne comprennent pas assez de coupes budgétaires ainsi que de projets de réformes de fond, du système des retraites ou des allocations chômage. La responsable du PS aux négociations, Laurette Onkelinx, a fustigé «l'irresponsabilité» des libéraux qui «mettent le pays en danger». Pour sa part, Alexander De Croo, le président de l'Open VLD, a réaffirmé la nécessité de mettre en œuvre de «véritables réformes», à l'image de celles «engagées par les pays voisins». «C'est ce que l'Europe demande», a-t-il insisté.

Exploitation possible de la crise par la N-VA

Dans l'attente de la sortie de cette crise la plus longue de l'histoire du pays, la Belgique reste administrée par un cabinet chargé d'expédier les seules affaires courantes. Ce dernier doit faire face à un marasme économique qui s'aggrave et à la montée des revendications sociales, les syndicats ayant appelé à manifester le 2 décembre contre l'austérité. Avant de trébucher sur le budget, M. Di Rupo avait été salué pour avoir permis la conclusion d'accords importants sur les différends linguistiques opposant Flamands et francophones qui faisaient craindre l'éclatement du pays.

La nouvelle aggravation de la crise pourrait être exploitée par le parti nationaliste flamand N-VA - absent de la coalition - qui a appelé lundi à la formation d'un «gouvernement d'urgence» excluant les socialistes. Un tel gouvernement serait chargé d'«éteindre l'incendie socio-économique», a expliqué Bart de Wever, populaire patron du premier parti de Flandre et de Belgique.

(L'essentiel Online/AFP)

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