La bleue veut se mesurer à la verte

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La bleue veut se mesurer à la verte

L'Europe débat d'une carte bleue pour les travailleurs migrants. Mais, ceux-ci la trouvent-elle attrayante?

Malgré des études brillantes en Europe et une promesse d'embauche, pas de permis de travail pour Boniface*, originaire du Cameroun. Que faire?
Attendre un assouplissement de la loi luxembourgeoise ou faire une demande pour une carte verte américaine de résident permanent ou la carte de résident canadien.

«La carte verte est une loterie», explique-t-il. «La carte canadienne est délivrée sur base du profil. Elle est aussi plus souple en termes de période de résidence et peut mener à une obtention de la nationalité. «Et, ajoute-t-il, au Canada, j'ai été très bien accueilli et encadré».

Pour concurrencer ces pays, la Commission européenne a présenté, mardi, son projet de carte bleue pour les travailleurs migrants très qualifiés. La carte sera valide deux ans et renouvelable après un séjour dans un autre pays même européen.

Expérience professionnelle, offre d’emploi, un salaire trois fois supérieur au salaire minimum, les conditions de délivrance sont élevées. Boniface trouve la carte bleue plus restrictive que ses consœurs. Par contre, il rejette les accusations dont elle a fait l'objet d'aggraver la fuite des cerveaux africains. «Pour l'instant, nos pays n'offrent pas le cadre nécessaire pour les travailleurs qualifiés».

Séverine Goffin

* Le nom a été changé.

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