Au Luxembourg – La boulangerie se cherche une relève

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Au LuxembourgLa boulangerie se cherche une relève

LUXEMBOURG - Chaque année, entre 15 et 20 jeunes commencent à apprendre la boulangerie au Luxembourg. Mais seule la moitié d'entre eux vont au bout de leur formation.

Seule une dizaine de jeunes par an arrivent au terme de leur apprentissage en boulangerie. Un chiffre insuffisant pour le futur du métier.

Seule une dizaine de jeunes par an arrivent au terme de leur apprentissage en boulangerie. Un chiffre insuffisant pour le futur du métier.

AFP

«J’ai quatre personnes qui ont fait la maîtrise en boulangerie chez nous et qui sont maintenant chauffeurs de bus à la ville de Luxembourg», constate, un brin dépité, Henri Schumacher, président de la Fédération des patrons boulangers-pâtissiers. Le secteur rencontre de véritables difficultés à conserver ses jeunes éléments. Sur les «15 à 20 personnes par an» qui entament une formation dans le métier, «une moitié d'entre elles environ arrivent au bout», explique Henri Schumacher. «Beaucoup viennent parce qu’ils ont raté à l’école et qu’il n’y a pas besoin de beaucoup de connaissances particulières pour venir en formation. Mais ils regrettent ensuite».

Ce chiffre est largement insuffisant pour pouvoir renouveler les effectifs du secteur qui compte plus de 200 boutiques et 2 000 ouvriers à travers tout le pays. «On est obligé de faire venir des frontaliers des trois pays voisins. Ils travaillent beaucoup dans nos boulangeries et nos pâtisseries», commente le président. Salaires relativement peu élevés et horaires très matinaux expliquent en partie la désaffection des jeunes pour les métiers de la boulangerie-pâtisserie. «Je peux comprendre un jeune de 25 ou 26 ans qui fonde une famille et pour qui c’est difficile», affirme Henri Schumacher.

Toutefois, «c’est une question d’organisation, car l’horaire est régulier. Quand on commence à 4h le matin, on le fait tous les jours et on a l’après-midi de libre. Ce n’est pas une rotation avec une semaine à minuit, la suivante à 10h et celle d’après à 4h». Le secteur de la boulangerie-pâtisserie essaye en outre de se montrer attractif auprès des jeunes. «La pâtisserie, c’est plus créatif. Certains jeunes viennent avec plein d’idées pour lesquelles il faut quand même un niveau supérieur. En boulangerie, nous avons besoin d’avoir des responsables d’équipes. Tous ces gens-là peuvent gagner plus», conclut le président de la Fédération.

(Jérôme Wiss/L'essentiel)

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