Braquages – «La boule au ventre en ouvrant la station-service»

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Braquages«La boule au ventre en ouvrant la station-service»

LUXEMBOURG - Les stations-services le long de la frontière allemande sont ciblées par les braqueurs. Alors que la sécurité a été renforcée, une employée confie ses craintes.

Les stations de l'est du Luxembourg sont la cible des braqueurs.

Les stations de l'est du Luxembourg sont la cible des braqueurs.

Vincent Lescaut

Deux stations-services braquées en moins de 48 heures à Schengen. La scène n'est malheureusement pas exceptionnelle, en particulier dans les communes proches de la frontière allemande particulièrement visées depuis quelques mois par des braquages de stations. Ce fut notamment le cas à Remerschen, fin octobre, et encore à Schengen, un soir de novembre.

Du côté des compagnies, le phénomène est pris très au sérieux. TotalEnergies Luxembourg explique à L'essentiel avoir «renforcé ses mesures» en effectuant une communication à l'ensemble du personnel appelé «à être encore plus vigilant». Des dispositions particulières ont-elles été prises pour les stations situées le long de la frontière allemande? «Elles sont concernées en ce moment, mais les autres ne sont pas à l'abri», explique avec lucidité Sophie Maene, responsable communication.

«Ne pas s'opposer»

Interrogée par L'essentiel, une caissière d'une station de la commune de Schengen confie «venir au travail avec la boule au ventre». «C'est arrivé à une de mes amies. Le traumatisme provoqué laisse des séquelles». Pour autant, pas question pour les employés concernés de baisser les bras. La vie continue, le job aussi. «Tant que cela ne nous tombe pas dessus, on essaye de ne pas y penser. Mais quand on ouvre la station seule, on ne se sent pas en sécurité...», déplore la professionnelle.

Entre collègues, les scènes de braquage dans les stations voisines sont évoquées. Une éventualité de toute manière abordée au cours des formations, comme l'explique le responsable des opérations pour Shell Luxembourg: «Tout est fait pour protéger le personnel. Clairement, ils ne doivent pas s'opposer et garder leur calme».

De faibles butins

Ne pas jouer au héros donc. D'autant que les sommes engagées sont rarement importantes, glisse-t-il: «Les braqueurs pensent trouver des quantités importantes d'argent liquide, mais ce n'est pas le cas. La majorité des clients paient par carte bancaire».

Une réalité qui échappe à certains malfrats, à moins que certains ne se satisfassent d'un faible butin. Dans ce contexte, les employés ont pour mission de signaler à la police toute activité suspecte aux abords d'une station-service. «Je dois reconnaître que les policiers sont disponibles et très rapidement sur les lieux. La collaboration fonctionne très bien», conclut-il.

(Thomas Holzer/L'essentiel)

«Un coin exposé»

«J’espère vraiment que tout cela va prendre fin rapidement», a réagi Michel Gloden, bourgmestre de Schengen, qui souligne la position géographique «exposée» de sa commune: « Les frontières sont proches, tout comme les autoroutes. Tout cela permet aux malfaiteurs de fuir et de se cacher rapidement». La période l'année n'est pas non plus un hasard, selon lui: «J’ai l’impression que le nombre de braquages a augmenté récemment. En ce moment, cela s’y prête, car il fait nuit tôt». Des discussions sont prévues jeudi avec la police. «Avoir davantage de brigade serait évidemment positif», conclut le bourgmestre.

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