Annonce officielle – La chaîne Schlecker placée en faillite
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Annonce officielleLa chaîne Schlecker placée en faillite

La chaîne allemande de droguerie, confrontée à un manque de liquidités, a annoncé vendredi qu'elle allait «déposer le bilan très prochainement», afin d'obtenir un répit de ses créanciers.

La chaîne de droguerie emploie quelque 30 000 personnes dans le monde, dont 17 000 personnes à l'étranger. Au Luxembourg, la société possède 19 filiales.

La chaîne de droguerie emploie quelque 30 000 personnes dans le monde, dont 17 000 personnes à l'étranger. Au Luxembourg, la société possède 19 filiales.

AFP

Schlecker, entreprise familiale extrêmement secrète et souvent critiquée en Allemagne pour les conditions de travail dans ses magasins, a assuré dans un communiqué que son but était de garder «la majeure partie de ses succursales et emplois». Le groupe emploie 30 000 personnes en Allemagne et 17 000 dans d'autres pays, dont une centaine au Luxembourg dans 29 magasins.

«L'activité continue sans changement et le paiement des salaires est garanti», a affirmé la société, ajoutant que la famille propriétaire «a pris cette décision difficile (du dépôt de bilan) pour pouvoir avancer sur le chemin de la restructuration». «Si nos créanciers suivent notre plan, la direction actuelle restera en place», a-t-elle précisé.

Conditions de travail à la limite du supportable

Schlecker avait récemment fait état d'un recul de ses ventes en 2010, de 650 millions d'euros sur un an à 6,55 milliards d'euros, et table sur une nouvelle érosion en 2011. La société ne donne traditionnellement aucune indication sur son bénéfice ou ses pertes. Les spécialistes du secteur de la distribution estiment toutefois qu'elle est déficitaire depuis trois ans. Elle compte 7 000 magasins en Allemagne et 3 000 autres en Autriche, Espagne, France, Italie, République tchèque, Pologne et Portugal, dans lesquels on trouve aussi bien du shampoing que du lave-vaisselle, de la nourriture pour chien ou du lait en poudre pour bébé.

Schlecker souffre d'une image vieillotte et de la concurrence de nouvelles chaînes de drogueries comme DM ou Rossmann, dont les magasins sont plus vastes et plus attrayants. Le groupe est dans le viseur des syndicats depuis plusieurs années. Ils lui reprochent de soumettre ses salariés à des conditions de travail à la limite du supportable (contrats précaires, salaires très bas, etc...) et à une pression psychologique très forte, allant jusqu'à l'espionnage.

(L'essentiel Online/AFP)

Ambiance au Luxembourg

Selon un syndicaliste luxembourgeois, joint vendredi par L'essentiel Online, «la centaine de salariés concernés au Grand-Duché n'étaient pas au courant de la situation et ont appris la faillite en même temps que tout le monde». Selon notre source, la maison mère, contactée par les salariés, n'a pas non plus été en mesure de fournir de plus amples informations sur l'avenir des employés. «L'inquiétude est désormais présente».

Et après? «L’inquiétude est désormais présente dans les têtes de tous ces salariés», regrette encore ce syndicaliste. Le LCGB n'a pas tardé à réagir en se mettant à la disposition des salariés. Pour Aloyse Kapweiler du LCGB, «si l'Allemagne fait faillite, le Luxembourg suivra».

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