Rapport américain – La Chine ne manipulerait pas sa monnaie
Publié

Rapport américainLa Chine ne manipulerait pas sa monnaie

Les États-Unis ont conclu vendredi que Pékin ne manipulait pas le yuan pour doper ses exportations, officialisant le revirement de Donald Trump sur la question.

Durant sa campagne, Donald Trump avait laissé entendre qu'il pourrait engager une guerre commerciale contre Pékin à cause de sa politique monétaire.

Durant sa campagne, Donald Trump avait laissé entendre qu'il pourrait engager une guerre commerciale contre Pékin à cause de sa politique monétaire.

AFP/Fred Dufour

Pendant sa campagne, Donald Trump n'avait cessé d'accuser Pékin de sous-évaluer artificiellement le yuan et s'était engagé à mettre le pays à l'index dès le «premier jour» de son mandat, au risque de déclencher une guerre commerciale entre les deux pays. M. Trump est toutefois revenu mercredi sur ces affirmations et a opéré une spectaculaire volte-face, concrétisée dans le rapport semestriel du Trésor américain sur les changes paru vendredi. «Aucun grand partenaire commercial des Etats-Unis ne remplit les critères définissant une manipulation des taux de change», conclut ce rapport.

Le Trésor prend ainsi acte du changement de cap impulsé au cours des dernières années par la Chine qui a décidé de laisser sa monnaie flotter plus librement au gré des demandes du marché. Mais il se garde toutefois de donner un blanc-seing à la deuxième économie mondiale et réclame ainsi des «preuves» que cette évolution représente «un changement politique durable» et pas une simple évolution de circonstance. L'administration américaine prévient également qu'elle «surveillera étroitement» les pratiques chinoises en matière de taux de change et appelle par ailleurs Pékin à davantage ouvrir ses marchés aux marchandises et services américains.

Des critiques envers l'Allemagne

«La Chine continue de s'engager dans une vaste politique qui limite l'accès à son marché aux biens et services importés», soutient le Trésor qui fait part de son inquiétude face à la persistance du colossal déficit américain vis-à-vis de Pékin (347 milliards de dollars en 2016 sur les échanges de biens). Avant son arrivée à la Maison Blanche en janvier, M. Trump a plusieurs fois ciblé Pékin en l'accusant de pratiques commerciales déloyales et en la menaçant de droits de douane massifs sur ses marchandises.

Dans son rapport, le Trésor met également de nouveau la pression sur l'Allemagne en faisant part de sa préoccupation face au vaste excédent commercial également accumulé par ce pays vis-à-vis des États-Unis (près de 65 milliards de dollars). Selon l'administration Trump, Berlin doit utiliser sa marge de manœuvre budgétaire pour stimuler son marché intérieur afin de corriger ce déséquilibre. «L'Allemagne, en tant que 4e puissance économique mondiale doit contribuer à une croissance de la demande et à des flux commerciaux plus équilibrés», assure le Trésor. De proches conseillers de M. Trump s'en sont déjà plusieurs fois pris à l'Allemagne en l'accusant notamment d'exploiter ce qu'elle estime être la faiblesse de l'euro pour doper son commerce extérieur.

(L'essentiel/AFP)

Ton opinion