«Le traître» – La chute de la mafia filmée avec maestria

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«Le traître»La chute de la mafia filmée avec maestria

En compétition pour la Palme d'or au Festival de Cannes 2019, «Le traître» en est reparti bredouille. Injuste, compte tenu des immenses qualités du film!

Les réunions de famille où, entre une procession religieuse et une photo souvenir, un parrain distribue promotions et punitions pour garder la mainmise sur les membres avides de pouvoir de la «pieuvre»… La mafia. Inutile de vous la présenter, tant le thème est présent dans l'histoire du cinéma. Mais il est un pan de son histoire que le réalisateur, Marco Bellocchio, qui aura 80 ans samedi, explore avec une maestria inédite: sa chute.

Au début des années 80, après l'assassinat de ses fils, Tommaso Bruscetta (Pierfrancesco Favino) se met à table pour le juge Falcone, entraînant quelque 380 arrestations. Le repenti se retrouve à témoigner au tribunal dans une cage de verre qui semble l'exposer plus que le protéger.

Un film d'action au suspense haletant

Tout au long des confrontations, Bruscetta et les mafiosi refusent, de près, de se regarder dans les yeux, et s'invectivent, de loin, dans une déferlante de paroles. Bellocchio s'en amuse parfois, comme dans cette scène où un inculpé exaspère les juges en baragouinant un dialecte incompréhensible. Un peu de comédie dans cette tragédie d'un homme qui trahit parce qu'il s'était senti trahi.

Film d'action au suspense haletant, reconstitution historique minutieuse, «Le traître» est porté, dans le rôle principal, par un Pierfrancesco Favino absolument impérial. Dommage qu'ils aient été éclipsés, à Cannes, par «Parasite» et l'Antonio Banderas de «Douleur et Gloire».

(L'essentiel)

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