Transport aérien – La chute du pétrole profite peu aux voyageurs

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Transport aérienLa chute du pétrole profite peu aux voyageurs

En raison de la baisse des prix du baril, plusieurs compagnies ont annulé les surcharges carburant sur leurs vols internationaux mais le prix du billet, lui, diminue rarement.

Air France ne compte pas baisser le prix de ses billets, notamment parce que le prix du kérosène baisse moins vite que celui du baril de pétrole.

Air France ne compte pas baisser le prix de ses billets, notamment parce que le prix du kérosène baisse moins vite que celui du baril de pétrole.

AFP

La compagnie aérienne australienne Qantas a annoncé mardi qu'elle allait annuler les surcharges carburant sur ses vols internationaux, ajoutant que la baisse des cours de l'or noir contribuait à une amélioration de ses résultats. Qantas était sous pression depuis que son rival Virgin Australia avait annoncé la semaine dernière la fin de la surcharge carburant et une réduction du prix de ses billets pour ses vols vers les États-Unis.

Qantas a cependant déclaré que le prix de ses billets ne baisserait pas car la suppression de la surcharge sera reportée sur son tarif de base. La compagnie argue que ses billets sont déjà vendus à des prix compétitifs. «Nous bénéficions de manière significative de la baisse du coût du carburant et cela aidera notre division internationale à renouer avec les bénéfices, et permettra à Qantas d'investir pour le consommateur», a déclaré son directeur général Alan Joyce.

«On achète du kérosène, pas du pétrole brut»

Les compagnies et leurs passagers profitent-ils de la chute spectaculaire du prix du baril? Oui, mais en partie seulement, en raison de la concurrence et de la complexité des tarifications des billets d'avion, estiment les spécialistes du secteur. Le prix d'un voyage en avion est fixé selon une myriade d'éléments: distance du vol, classe du siège, éventuelle correspondance, plateaux repas ou encore coût d'amortissement des avions, entretien, redevances aéroportuaires, coût des équipages et bien sûr coût du kérosène, qui constitue ainsi un facteur parmi d'autres.

Ce n'est donc pas parce que le prix du baril a baissé de plus de la moitié en un an pour s'établir au-dessous de la barre symbolique des 50 dollars (48,79 dollars sur l'Intercontinental Exchange, à la clôture vendredi) que les voyages en avion vont coûter deux fois moins cher. «On n'achète pas du pétrole brut mais du kérosène. Il faut donc payer le coût du raffinage», explique un porte-parole d'Air France, ajoutant que le prix du kérosène baisse moins vite que celui du baril («10% de moins»).

Restaurer les marges

En France, le syndicat national des agences de voyage (SNAV) n’a pas apprécié les explications d'Air France. Il a exhorté la compagnie à répercuter la baisse du prix du pétrole sur ses billets. «Aujourd'hui, la baisse conséquente du prix du carburant ne justifie plus l'existence de surcharges carburant. Utiliser cette surcharge carburant en surcharge transporteur relève de la manipulation», a déclaré Jean-Pierre Mas, président du SNAV.

Selon lui, cette surcharge est utilisée par certaines compagnies pour restaurer leurs marges. Dans une lettre ouverte adressée mardi au PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac, le SNAV écrit: «Nos clients, qui sont aussi vos passagers, ne comprennent pas l'obstination d'Air France et de quelques autres compagnies à conserver, en marge du prix de la plupart de vos billets, les hausses carburant».

(L'essentiel/AFP)

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