Transparence à Bruxelles – La Commission Juncker va faire la chasse aux lobbies
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Transparence à BruxellesLa Commission Juncker va faire la chasse aux lobbies

Les commissaires, membres de leurs cabinets et les directeurs généraux devront désormais rendre publics tous leurs contacts avec les groupes de pression.

«La transparence est une des priorités affichées par Jean-Claude Juncker», a expliqué Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne.

«La transparence est une des priorités affichées par Jean-Claude Juncker», a expliqué Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne.

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«La transparence est une des priorités affichées par Jean-Claude Juncker et une décision sera prise la semaine prochaine pour imposer aux commissaires de mentionner toutes les personnes rencontrées», a expliqué Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, au cours d'un point de presse. La mesure s'imposera aussi aux membres de leurs cabinets et aux directeurs généraux de la Commission. M. Timmermans n'a pas indiqué si les contacts téléphoniques étaient concernés par cette obligation de transparence.

Le nouvel exécutif européen répond ainsi aux pressions insistantes du très influent lobby antilobbies actif à Bruxelles. Transparency International et Corporate Europe Observatory se sont félicités d'un «pas dans la bonne direction». Frans Timmermans a mis au défi le Parlement européen de «suivre cet exemple». Nombre d'élus sont en effet proches de groupes de pression qui cherchent à influencer ou contrer les décisions européennes.

L'ancien commissaire européen belge Louis Michel, a ainsi été mis en cause en novembre 2013 pour le dépôt de centaines d'amendements contre la protection de la vie privée reprenant mot pour mot les arguments des lobbyistes défendant les grands acteurs de l'Internet. Et l'ex-commissaire luxembourgeoise Viviane Reding, élue en mai au Parlement européen, vient d'accepter de siéger aux conseils d'administration de la fondation Bertelsmann, qui contrôle un géant européen des médias, et du groupe minier belge Nyrstar. Olivier Hoedeman, de Corporate Europe observatory, a plaidé pour imposer l'inscription sur le registre des lobbies créé par la Commission. «C'est une promesse faite par Juncker», a-t-il déclaré.

32 000 lobbyistes actifs à Bruxelles

La précédente Commission a échoué à réglementer les activités des quelque 32 000 lobbyistes actifs à Bruxelles. Un registre a été crée en 2009 mais l'inscription n'a jamais été rendue obligatoire. S'il recense 6 500 organisations à ce jour, beaucoup d'acteurs d'influence ont refusé de s'inscrire, comme Deutsche Telekom (Télécommunications), Eon (énergie), Heineken (brasserie), ou Waterfall (énergie).

Côté centres de réflexion, la Fondation Robert Schuman ou l'institut "Bruegel" qui travaille sur les politiques économiques en Europe se sont enregistrés. Mais pas la fondation "Notre Europe" créée par l'ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors. Les grands cabinets d'avocats sont aussi réticents. Ils se retranchent derrière la confidentialité pour échapper à cette contrainte. Ils sont pourtant très actifs pour tenter de peser auprès de la Commission en faveur de leurs clients, se vantant même de débaucher les cadres de la Commission, très prisés pour leurs carnets d'adresse.

(L'essentiel/AFP)

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