Football – La Coupe du monde biennale coûterait 8 milliards

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FootballLa Coupe du monde biennale coûterait 8 milliards

La FIFA a tout à gagner à organiser une Coupe du monde tous les deux ans. L’UEFA et les ligues domestiques y perdent davantage, notamment en droits télévisés.

L’ombre d’un Mondial tous les deux ans plane. Ce qui n’est pas du goût des ligues domestiques et de l’UEFA.

L’ombre d’un Mondial tous les deux ans plane. Ce qui n’est pas du goût des ligues domestiques et de l’UEFA.

AFP

Environ 8 milliards de dollars (7,14 milliards d'euros) chaque année, c’est ce que coûterait le mondial biennal à l’UEFA et aux différentes ligues du monde. Le chiffre provient du média The Athletic, qui cite une étude demandée par les ligues domestiques. Une ligue européenne comme La Liga aurait moins de matches à jouer, ce qui implique moins d’argent qui rentre dans les caisses.

La perte des seuls droits audiovisuels est estimée à 5 milliards de dollars par saison pour les 40 plus grandes ligues domestiques. Le calendrier raboté coûterait, lui, 1,75 milliard de dollars tandis que les changements d’agenda se chiffrent à environ 900 millions de dollars. Une Coupe du monde tous les deux ans risque également de faire baisser l'engouement pour les championnats nationaux. «Si vous changez le modèle avec une Coupe du monde tous les deux ans, et que les matches passent du week-end à la semaine, et que vous avez une saison plus courte, et que certains joueurs ne sont pas disponibles à certains moments, vous affaiblissez votre produit de base», affirme François Godard, l’expert au sein d’Enders Analysis cité dans l’article.

«Le football est très fragmenté, chacun veut garder sa part du gâteau»

Imaginez un Mondial sans Neymar tricoter avec plus ou moins de succès ou sans les surprises autour des coupes de cheveux de Pogba. Ce qui peut arriver, si ces joueurs sont pris entre le marteau et l’enclume, s’ils choisissent les clubs plutôt que les sélections. C’est l’inverse qui s’est produit pendant les matches qualificatifs du mois d’octobre. L’UEFA a estimé que les problèmes de calendrier découlaient de reports de rencontres en raison du Covid. Certains joueurs sud-américains n’avaient pas pu arriver à temps pour leur championnat du week-end.

Des agendas qui péjorent les championnats domestiques, le monde du football l’observe déjà à certains niveaux. «Avant, les matches de Liga se jouaient le samedi soir, maintenant ils ont lieu également en début de semaine», constate l’expert d’un cabinet de football. Lui se dit ni pour ni contre le mondial biennal. «Le football est très fragmenté, chacun veut garder sa part du gâteau», estime-t-il.

Davantage d’équipes participent à la compétition, elles seront 48 en 2026 contre 32 actuellement. «Aujourd’hui, si on parle sans détour, quelles sont les possibilités réelles du Venezuela de participer au Mondial?», affirmait-il lors d’une conférence de presse à Caracas, mi-octobre. Certains diront: «aucune, et c’est très bien pour le spectacle.» D’autres diront: «aucune, et c’est dommage qu’ils n’aient pas leur chance.» Toujours est-il que mathématiquement, les chances d’être sélectionné augmentent s’il y a davantage de compétitions.

À la source du débat, un duel entre l’UEFA et la FIFA. La fédération internationale dope ses revenus les années de Coupe du monde. Elle a enregistré un revenu de 4 641 millions de dollars en 2018, lorsque l’équipe de France s’est emparée du trophée en Russie.

L’année d’avant, elle n’enregistrait que 734 millions de dollars. La distribution des revenus est un peu plus homogène du côté de l’UEFA.

European Leagues a protesté de manière forte face au projet de la FIFA. Elle a promis fin octobre que les ligues qui la composent – plusieurs dizaines – «vont travailler ensemble avec d’autres parties prenantes pour empêcher les instances dirigeantes du football de prendre des décisions unilatérales qui vont faire du mal au football domestique.» Qui aura gain de cause?

(L'essentiel/Rebecca Garcia)

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