Cour des comptes – La crise du climat, «un réel danger pour nos finances»
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Cour des comptesLa crise du climat, «un réel danger pour nos finances»

LUXEMBOURG - Dans son avis sur le budget 2022, la Cour des comptes appelle le gouvernement à prendre des mesures pour affronter la crise climatique.

L'État a versé 100 millions d'euros d'aides pour les sinistrés des inondations des 14 et 15 juillet 2021.

L'État a versé 100 millions d'euros d'aides pour les sinistrés des inondations des 14 et 15 juillet 2021.

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Si la Cour des comptes reconnaît que la crise sanitaire «a affecté dans une moindre mesure les finances publiques du Luxembourg» et que «les prévisions au niveau des recettes sont encourageantes», elle met en garde l'État, notamment sur «l'accroissement sensible» de la dette publique.

«Si l’intervention de l’État luxembourgeois a permis de venir au secours des acteurs économiques les plus touchés par la crise sanitaire et de protéger le revenu des ménages, il ne faut pas perdre de vue que cette intervention a eu un coût». La cour invite l'État à surveiller cette hausse pour «préserver la liberté d’action du gouvernement en matière d’investissements et d’assurer la résilience de notre pays face à de nouvelles crises».

«Le Luxembourg n'est pas à l'abri»

Et c'est bien là que la Cour se montre inquiète. Notamment sur la capacité du pays à faire face à la crise climatique qui présente «un réel danger pour la pérennité de nos finances publiques». Dans son avis, elle rappelle que «Le Luxembourg n'est pas à l'abri» et que les catastrophes se sont multipliées, ces dernières années. Les inondations dans la vallée de l'Ernz (juillet 2016), et dans le Müllerthal (juin 2018), la tornade à Pétange et Bascharage (août 2019), les inondations de juillet dernier... L'État a déboursé 160 millions d'euros en aides étatiques. Les compagnies d'assurance ont, elles, décaissé 362 millions d'euros.

Pour couvrir les «coûts supplémentaires qui pèseront de plus en
plus lourd sur les finances publiques aux cours des prochaines années», la Cour propose d’envisager la création d’un fonds spécial dédié qui permettrait de soutenir les victimes rapidement, sans pour autant trop impacter le budget étatique.

«Les plus démunis ne doivent pas être laissés sur le carreau»

Elle rappelle qu'en 2020, le taux de pauvreté culminait à 17,2% de la population et que sans les transferts sociaux, il atteindrait 47,4%, «ce qui dénote l'importance de l'intervention de l'État pour assurer la cohésion sociale du pays».

(mc/L'essentiel)

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