Economie – La crise en Ukraine pèserait lourd au Luxembourg
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ÉconomieLa crise en Ukraine pèserait lourd au Luxembourg

LUXEMBOURG - Prix de l'énergie, secteur financier, industrie, l'économie luxembourgeoise pourrait souffrir d'un conflit entre la Russie et l'Ukraine. Analyse.

Le Luxembourg exporte des métaux lourds en Russie et en Ukraine.

Le Luxembourg exporte des métaux lourds en Russie et en Ukraine.

Editpress

Quelles conséquences pour le Luxembourg en cas de guerre en Ukraine? Sans même évoquer le drame humain d'un conflit dans le Donbass, la population luxembourgeoise devrait s'attendre à une hausse encore plus importante des prix de l'énergie, suivant les sanctions européennes infligées à la Russie. Le pays dirigé par Vladimir Poutine est en effet le deuxième plus gros fournisseur de gaz naturel du Luxembourg ( 7 868,7 térajoules) derrière la Norvège. À noter que le Luxembourg n’importe pas de gaz d'Ukraine.

Deux secteurs forts de l'économie luxembourgeoise seraient aussi particulièrement impactés: la finance et l'industrie lourde, analyse la Chambre de commerce pour L'essentiel. Depuis les premières sanctions en 2014, l'export de services financiers entre le Grand-Duché et la Russie a été divisé par trois, passant de 104 millions d'euros par an (2013) à 35 millions (2020).

«La crainte, c'est que ces échanges diminuent encore plus», explique Cindy Tereba, directrice des relations internationales. L'industrie de fonds et la gestion de fortunes, deux pôles importants de la place financière, seraient les premiers concernés. Le tout accompagné «d'un chamboulement des bourses mondiales».

«Marchés à risques»

L'industrie luxembourgeoise risque également de perdre des parts de marché. Produits d’industries chimiques, matières plastiques, pâtes de bois, métaux communs, appareils électriques, matériel de transport, le Luxembourg a exporté pour 407 millions d'euros de biens en Russie en 2020 et pour 80 millions d'euros de biens en Ukraine, surtout des métaux communs et des appareils électriques.

Mais selon Cindy Tereba, «les entreprises se sont préparées», considérant la Russie et l'Ukraine comme «des marchés à risques» depuis 2013. Outre les capacités de résilience, les grands noms de l'industrie locale ont notamment diversifié leurs activités. Interrogé par L'essentiel, ArcelorMittal a indiqué «avoir préparé des plans d'urgence pour protéger le personnel et, dans la mesure du possible, les actifs».

Le géant de la sidérurgie se dit «très préoccupé» par la situation en Ukraine, et espère «que la paix et la stabilité seront maintenues», mais ne souffre «d'aucune perturbation» de ses activités sur place à ce jour. «La production et les expéditions se poursuivent normalement», conclut le groupe.

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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