Tourisme de luxe – La crise sonne le glas «des années bling-bling»
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Tourisme de luxeLa crise sonne le glas «des années bling-bling»

Les industries du tourisme de luxe, dont le Congrès international s'est achevé jeudi à Cannes, espèrent retrouver le chemin de la croissance en mettant l'accent sur "l'authenticité".

L'industrie du luxe se détourne de plus en plus des excès du passé pour se diriger vers plus "d'authenticité", selon les professionnels du secteur.

L'industrie du luxe se détourne de plus en plus des excès du passé pour se diriger vers plus "d'authenticité", selon les professionnels du secteur.

afp

"2009 a été une année difficile pour l'industrie du tourisme de luxe mais nous prévoyons une reprise en 2010", a déclaré Nick Perry, président de la luxueuse revue Ultratravel, à l'ouverture, mardi, du Forum du marché international du voyage de luxe (ILTM) qui a réuni quelque 3 000 participants.

Le secteur des voyages individuels ou familiaux de grand luxe, au cours desquels milliardaires et divas dépensent des sommes astronomiques, éventuellement pour des voyages assez brefs comme une expérience en apesanteur, a peu souffert de la crise, alors que le segment des voyages de luxe destinés aux entreprises a enregistré une baisse allant jusqu'à 25%, selon des responsables rencontrés à l'ILTM.

Recherche orientée désormais vers la qualité

"Les touristes de luxe ne sont pas prêts à renoncer à leurs voyages familiaux annuels et toutes les réservations pour la saison de Noël sont complètes", a souligné Paul Jones, président des hôtels de luxe One&Only Resorts. Reste qu'un nombre important de consommateurs, même très aisés, ont commencé à chercher sur Internet des tarifs plus avantageux pour leurs vacances et à réclamer des rabais conséquents aux industriels du secteur.

Après des années d'excès, les clients demandent désormais de "l'authenticité", nouveau mot-clé du secteur. "C'est la fin du bling-bling. Les gens recherchent une expérience de qualité, couplée à un sentiment d'espace", explique Glenn Pushelberg, designer d'hôtels et restaurants de luxe.

Villa de 1 001 m² à disposition

Compte tenu du coût de l'immobilier dans les principales villes du monde, l'espace est devenu aujourd'hui le véritable grand luxe, selon Sonu Shivdasani, fondateur et PDG du groupe Les Six Sens, pionnier dans le tourisme "durable". Mais il faut y mettre le prix. Pour la "Réserve" (nouvelle appellation de la Suite présidentielle, NDLR) du Soneva Kiri, l'une des perles des Six Sens dans l'île tropicale de Kood (Thaïlande), les amateurs devront payer entre 4 000 et 5 428 euros la nuit.

Ils disposeront d'une villa bien aérée de 1 001 m2, en bois, avec sa propre piscine de 209 m2, et même d'une maison pour les enfants, a précisé Vincent Gillet, directeur commercial du groupe Les Six Sens. Un nombre croissant de riches voyageurs sont à la recherche de "l'expérience" qui changera leur vie, indiquent encore les professionnels.

Le Ritz-Carlton de Cancun (Mexique) offre ainsi à ses hôtes l'opportunité d'effectuer un travail bénévole dans des villages pauvres de la région. Les voyages dans l'espace ne manquent pas non plus d'amateurs disposés à payer des sommes considérables pour flotter en apesanteur comme un astronaute. Tom Shelley, responsable du marketing et des ventes à Space Adventures, indique que les années 2008 et 2009 ont été les plus florissantes depuis le démarrage de cette activité en 1998.

lessentiel.lu avec AFP

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