Selon la presse – La croisade contre Juncker a affaibli Cameron
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Selon la presseLa croisade contre Juncker a affaibli Cameron

Le Premier ministre britannique apparaît désormais isolé dans sa volonté d'empêcher le Luxembourgeois d'accéder à la tête de la Commission. Au Royaume-Uni, on s'interroge sur sa capacité à maintenir le pays dans l'UE.

Cameron plus isolé et affaibli après sa croisade contre Juncker.

Cameron plus isolé et affaibli après sa croisade contre Juncker.

AFP

«Humilié», «marginalisé», coupable de «naïveté confondante», de «manque de clairvoyance»: les médias britanniques estiment la bataille perdue et n'ont pas d'expressions assez sévères pour commenter la manière dont le Premier ministre se serait une nouvelle fois pris les pieds dans le tapis européen. Et l'échec annoncé revigore les eurosceptiques dans les rangs conservateurs, menacés d'être dépassés par la surenchère europhobe de l'UK Independence Party (Ukip), sorti grand vainqueur des élections européennes.

L'affaire cette fois se présentait pourtant sous de meilleurs auspices pour Cameron, fondé à se prévaloir d'une inhabituelle union sacrée. Ses alliés libéraux-démocrates au sein du gouvernement de coalition mais aussi l'opposition travailliste partageaient son hostilité envers l'ex-Premier ministre luxembourgeois. Jugé trop «fédéraliste» et trop peu enclin à mettre en œuvre les réformes de l'UE exigées par Londres. Le chef du gouvernement britannique escomptait par ailleurs des appuis de poids qui se sont évanouis (à commencer par celui de la chancelière allemande Angela Merkel) dans sa croisade contre le candidat «élu par personne».

Cameron a une nouvelle fois «merdé»

Enfin, il bénéficiait de l'appui d'une presse nationale déchaînée, à l'instar du Times, contre «Junk Juncker» («Juncker le rebut»). Lundi encore, le ministre des Finances George Osborne se prévalait du discret soutien de dirigeants européens «qui disent pas mal de choses en privé, sans les exprimer publiquement». Cette remarque n'a rendu que plus cruelle la publication de propos attribués au chef de la diplomatie polonaise, réputé allié de Londres, par l'hebdomadaire Wprost au cœur d'un scandale d'écoutes illégales. Radoslaw Sikorski y juge que Cameron a une nouvelle fois «merdé» sur l'Europe, «par erreur de calcul» ou «incompétence».

À l'approche du sommet européen de Bruxelles, le chef du gouvernement britannique demeurait arc-bouté dans son opposition à Juncker. Il exige un vote des dirigeants européens sur sa nomination, quitte à être mis en minorité. À en croire le Times, il envisagerait même de recourir à «l'arme nucléaire», la «L-bomb». À savoir «le compromis de Luxembourg». Une sorte de joker qu'un pays est en droit de brandir s'il estime ses intérêts essentiels menacés, afin de prolonger les discussions en vue d'un hypothétique compromis. Au risque que M. Juncker et les partenaires européens de Londres soient à l'avenir modérément enclins aux concessions.

(L'essentiel/AFP)

Un Cameron «humilié publiquement»

À en croire Peter Mandelson, ancien commissaire européen travailliste, Cameron pourrait bien avoir mis en marche «une machine infernale», avec sa promesse de tenir un référendum pour ou contre le maintien du Royaume Uni dans une Europe préalablement réformée, en 2017, si les Britanniques lui confient un second quinquennat en 2015. Un Cameron «humilié publiquement» et sans réforme d'envergure de l'UE à son actif «n'aura guère d'autre choix que celui de recommander le non au référendum», a prédit mardi Mats Persson, directeur de Open Europe, un institut indépendant.

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