Santé au Luxembourg – La dépression, un mal en croissance au Luxembourg

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Santé au LuxembourgLa dépression, un mal en croissance au Luxembourg

BERTRANGE – En raison du nombre toujours croissant de dépressions, de troubles anxieux et d'attaques de panique, le Luxembourg lance une campagne à l'échelle nationale.

Marijan Murat

Fièvre, radiographies, taux de glycémie... Il est relativement aisé de détecter les maladies physiologiques. Ceux qui en sont atteints bénéficient de compassion de toutes parts. À l'inverse, les maladies psychiques continuent d'être stigmatisées et nécessitent un vrai travail de prévention, déplorent les professionnels. «Ce n'est que lorsque l'on aura levé le tabou sur la dépression, que la lutte et la prévention contre les causes de la maladie porteront leurs fruits», explique Juliana D'Alimonte, docteur à la direction de la santé. Car quatre personnes sur cinq tardent trop avant d'appeler à l'aide, ce qui peut avoir des conséquences dramatiques.

Selon les chiffres communiqués par les responsables de la campagne nationale: «Et si j'en parlais à un psy?», présentée mardi à Bertrange, 66 personnes ont mis fin à leurs jours au Grand-Duché en 2017. L'Organisation mondiale de la santé estime à 260 millions, le nombre de personnes atteintes de troubles psychiques dans le monde. Une femme sur quatre souffrirait de dépression au moins une fois au cours de sa vie, contre un homme sur huit.

Les frais de psychiatrie sont pris en charge

Lors de la présentation du Service Information et Prévention de la Ligue, un organisme de prévention des troubles mentaux relevant du ministère de la Santé, les participants ont insisté sur le fait qu'il fallait en parler ouvertement. Leur objectif est d'améliorer les connaissances du grand public sur la dépression, sur les traitements disponibles et de sensibiliser la population sur le fait que «les maladies mentales sont à prendre avec autant de sérieux que les maladies physiologiques», comme l'a souligné Barbara Bucki de D'Ligue.

Les participants attendent également des réformes politiques en termes de coûts. À l'heure actuelle, les séances chez un psychologue sont à la charge du patient, à moins que ce dernier ne se fasse rembourser par sa mutuelle santé. Les consultations chez le psychiatre sont quant à elles remboursées par la CNS. Les participants ont insisté sur le fait qu'il n'est «jamais trop tôt pour se faire aider».

Voicì la brochure que La Ligue a publiée:

• Prévention Luxembourg donne des conseils sur sa page Facebook.

(Franziska Jäger/L'essentiel)

Quand chercher de l'aide?

Le plus tôt possible est le mieux. Adressez-vous à un spécialiste dès que:

- vous constatez des sautes d'humeur, un changement dans votre comportement, dans vos relations aux autres ou un changement physique

- vous souffrez de troubles qui affectent votre mode de fonctionnement habituel: répercussions sociales et intellectuelles, manque d'énergie, fatigue etc.

- vous avez un problème d'addiction.

- vous éprouvez des difficultés à faire face à une situation donnée.

À qui puis-je m'adresser?

Dans un premier temps, vous pouvez vous adresser à votre médecin de famille ou directement faire appel à un psychologue, un psychiatre ou à un psychothérapeute.

Besoin de parler à quelqu'un?

SOS Détresse: (+352) 45 45 45

Kanner a Jugendtelefon: 116 111

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