«La femme doit pouvoir choisir d'avorter»
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«La femme doit pouvoir choisir d'avorter»

LUXEMBOURG - Après l'euthanasie, c'est le droit à l'avortement qui est mis sur la table par la socialiste Lydie Err. Elle accuse le CSV de bloquer les débats.

Lancer des pavés dans la mare, Lydie Err aime cela. Après s'être battue pour l'euthanasie acceptée le 19 février dernier, revoilà la députée socialiste à la tête d'un autre sacerdoce: celui pour le droit à l'avortement au Luxembourg.

Aujourd'hui, il n'est autorisé que sur indication médicale, psychique ou en cas de viol. Depuis un an, sa proposition de loi destinée à élargir ce droit est dans les tiroirs, mais rien ne bouge. La faute aux chrétiens-sociaux, selon elle: «L'Église ne leur permet pas de mener des réformes de société». Son espoir: le Conseil de l'Europe. Son assemblée parlementaire vient de publier un avis recommandant aux États membres de dépénaliser l'avortement.

De là à créer un électrochoc, il y a de la marge. Le chef du CSV, François Biltgen, ne voit pas de contradiction entre la loi restrictive luxembourgeoise et l'avis, non obligatoire, qui a retenu «un droit conditionné». L'avortement «inconditionnel», quant à lui, reste hors de propos: trop de «risques» pour le CSV.

De quoi faire s'arracher les cheveux à Colette Flesch. La députée libérale (DP) s'est battue pour faire adopter en 1978 la loi sur l'avortement. «Ce texte est dépassé!», s'exclame-t-elle. «La perception du public a changé. Mais le CSV a bloqué sur les questions de société depuis toujours! Jusqu'à ce qu'ils soient forcé de lâcher prise». Et elle prévient. «Le DP a de larges points d'accord avec la proposition de Lydie Err». Comme qui dirait que le prochain grand combat politique n'est pas loin.

Isabelle Hartmann

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