Originaire du Portugal – La fille d’un héros national a échoué au Grand-Duché

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Originaire du PortugalLa fille d’un héros national a échoué au Grand-Duché

LUXEMBOURG/LISBONNE - Catarina Salgueiro Maia est la fille d’un héros de la révolution portugaise. Depuis quatre ans, elle vit au Grand-Duché sous le seuil de pauvreté.

Le 25 avril 1974, le jeune capitaine Jose Salgueiro Maia était un des leaders du coup d’état militaire qui allait permettre au Portugal de revenir sur le chemin de la démocratie. Décédé en 1992, Salgueiro Maia est considéré par les Portugais comme un héros de la «révolution des œillets». 41 ans plus tard, sa fille Catarina, se bat quant à elle sur un front totalement différent. Depuis le début de la crise de la dette au Portugal en 2011, cette femme de 29 ans vit au Luxembourg. Elle se dit heureuse au Grand-Duché, mais sa situation n’est pas des plus enviables.

Dans le cadre du 41e anniversaire de la «révolution des œillets», elle s’est confiée à l’agence portugaise «Lusa». Alors qu’elle a suivi des études universitaires, elle a notamment travaillé dans un café durant 17 heures par jour en dessous du salaire minimum. Pour ce travail, elle n’a gagné que 1 300 euros par mois au lieu des 1 900 euros qu'elle aurait pu revendiquer. Pendant la crise, les conditions de vie ont souvent été comparées à un pays du tiers-monde au Portugal, particulièrement au niveau des services de santé. La famille de Catarina a quitté sa patrie pour offrir à son fils asthmatique plus de stabilité financière et un meilleur accès aux soins de santé.

«C'est très compliqué»

Sur le site Internet «Bom Dia», la fille du héros portugais n'est pas forcément satisfaite de la vie qu’elle mène au Grand-Duché. «Dès mon premier boulot dans un café à Luxembourg, j’ai été harcelée par un client. Par la suite, dans un deuxième café, je n’ai jamais reçu mon salaire du premier mois.» Elle a même ajouté qu’en raison des loyers élevés, certains immigrés portugais n’hésitaient pas à dormir dans leurs voitures.

«C’était un risque de venir au Grand-Duché, je n'avais aucune garantie, mais je ne m’attendais pas à vivre une telle situation. Je dois avouer que c’est très compliqué.» Et depuis 2011, au Portugal, la situation ne s’est pas améliorée. «Mon père doit probablement se retourner dans sa tombe. Il a combattu pour la démocratie, pour faire de notre pays, une nation libre et aujourd’hui, les gens ont faim et sont mis à la rue, car ils ne sont plus en mesure de payer leurs loyers».

(Jörg Tschürtz/L'essentiel)

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