Affaire d'espionnage – La firme derrière Pegasus est liée au Luxembourg

Publié

Affaire d'espionnageLa firme derrière Pegasus est liée au Luxembourg

LUXEMBOURG – NSO Group, qui a conçu le logiciel controversé, dispose d’un siège social et de bureaux au Luxembourg, où le cœur de son activité reste flou.

Jean Asselborn a livré quelques éléments sur l'affaire.

Jean Asselborn a livré quelques éléments sur l'affaire.

Editpress/Fabrizio Pizzolante

La présentation, mardi, du pacte Entreprises et Droits de l’homme s’est retrouvée bousculée par l’actualité. Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères, a confirmé l’existence au Luxembourg de deux bureaux de la firme israélienne NSO Group, qui a conçu le logiciel Pegasus, accusé d’avoir été utilisé par plusieurs États pour espionner les téléphones de journalistes et de dissidents.

Selon le ministre, les bureaux luxembourgeois servent au back-office, c’est-à-dire au contrôle des opérations financières de l’entreprise. Un communiqué de l’entreprise datant de 2019 précise que le siège social se trouve au Luxembourg. «NSO développe des technologies qui aident les services de renseignements et les agences étatiques à prévenir et enquêter sur le terrorisme et le crime», indique l’entreprise, dans sa présentation. Il serait même «un leader mondial» en la matière, générant «250 millions de dollars de revenus en 2018». NSO affirme aussi s’être passé de clients à cause d'un non-respect des droits de l’homme.

Un tour politique

Mais la nature des activités au Grand-Duché reste floue. D’après Amnesty International, le logiciel Pegasus n’a pas été conçu au Grand-Duché. Aucune demande d’exportation de produit n’a d’ailleurs été formulée. «Je ne peux dire qu'une chose. S'il s'avère que le groupe NSO au Luxembourg a commis des violations des droits de l'homme, alors le Luxembourg doit réagir et réagira», a déclaré Asselborn. Ce dernier a envoyé une lettre aux dirigeants concernés pour rappeler les obligations en matière de droits de l'homme.

Le sujet n’a pas encore été évoqué en commission des Affaires étrangères à la Chambre, expliquent des députés concernés. L’affaire a cependant vite pris un tour politique, avec d’abord une question parlementaire urgente du parti Pirates, sommant le gouvernement d’indiquer si des journalistes, politiciens ou militants au Luxembourg sont concernés par le scandale d’espionnage et quels sont les liens entre NSO et le Grand-Duché. Le parti déi Lénk demande aux autorités de réagir, bien au-delà du «Pacte national Entreprises et Droits de l’homme», avec une «loi opposable et munie des moyens financiers et personnels permettant d’intervenir pour mettre fin au mépris envers les droits humains».

(Nicolas Martin et Joseph Gaulier/L'essentiel)

Ton opinion