Otage – La Française enlevée au Kenya est décédée
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OtageLa Française enlevée au Kenya est décédée

L'otage française enlevée au Kenya et détenue en Somalie, Marie Dedieu, est décédée, a annoncé mercredi matin le ministère des Affaires étrangères français.

Marie Dedieu, 66 ans, a été enlevée dans la nuit de vendredi à samedi, à son domicile sur l'île de Manda, en face de celle de Lamu, par dix hommes armés apparemment très bien renseignés.

Marie Dedieu, 66 ans, a été enlevée dans la nuit de vendredi à samedi, à son domicile sur l'île de Manda, en face de celle de Lamu, par dix hommes armés apparemment très bien renseignés.

AFP

«Les contacts à travers lesquels le gouvernement français cherchait à obtenir la libération de Marie Dedieu, retenue en Somalie depuis le 1er octobre, nous ont annoncé son décès sans que nous puissions en préciser la date, ni les circonstances», explique le Quai d'Orsay dans son communiqué.

Marie Dedieu, 66 ans, avait été attaquée le 1er octobre chez elle sur l'île de Manda, en face de l'île touristique de Lamu, sur la côte nord-est du Kenya, avant l'aube, par des hommes armés. Ils avaient réussi à gagner la Somalie voisine en bateau avec leur captive alors qu'ils étaient poursuivis par les forces de sécurité.

«L'état de santé de Mme Dedieu, l'incertitude sur les conditions de sa détention, le fait que les ravisseurs aient probablement refusé de lui remettre les médicaments que nous lui avons envoyés, nous conduisent à craindre que cette issue tragique soit malheureusement la plus vraisemblable», souligne le Quai d'Orsay, qui a prévenu ses proches.

«Le gouvernement français exprime sa profonde émotion, sa grande tristesse et sa solidarité avec la famille et les proches de Marie Dedieu» et «exprime aussi son indignation devant l'absence totale d'humanité et la cruauté dont ont fait preuve les ravisseurs de notre compatriote dont nous voulons qu'ils soient identifiés et traduits devant la justice», ajoute le communiqué. «Nous demandons la restitution sans délai et sans conditions de la dépouille mortelle de notre compatriote», conclut le ministère des Affaires étrangères.

(L'essentiel Online/AFP)

«Tout le monde l'appréciait»

Cette sexagénaire française tétraplégique était unanimement appréciée des habitants. «Tout le monde, à Shela (la plage principale de Lamu), connaît Marie», témoignait Abdulla Sultan, un guide local: «Tout le monde. Même les petits enfants la connaissent». Selon lui, Marie Dedieu participait aux mariages sur l'île et se montrait «très amicale avec les gens».

Marie Dedieu était arrivée il y a une quinzaine d'années dans l'archipel de l'océan Indien, vivant d'abord sur la principale île de Lamu, avant de faire construire une maison il y a sept ans sur celle de Manda, qui lui fait face. C'était «une pionnière». «Elle avait un peu découvert Manda, c'était une des premières à s'y être installée. Ce n'est pas du tout la clientèle très people et très riche» qui est arrivée depuis, affirme un diplomate français qui l'avait rencontrée l'an dernier chez elle.

Selon ses proches, la Française avait observé avec beaucoup de scepticisme la construction par d'autres ressortissants étrangers, à Lamu et dans ses environs, d'immenses villas, dont le luxe souvent ostentatoire tranche avec la pauvreté de l'immense majorité de la population locale.

Elle partageait ses jours avec John Lepapa, un Kényan de 39 ans d'origine massaï, qui l'assistait, lorsqu'elle revenait de France, où elle rendait visite à son père âgé, en Lorraine.

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