Présidentielle en France – La France secouée par un «big bang» selon la presse
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Présidentielle en FranceLa France secouée par un «big bang» selon la presse

La qualification pour le second tour d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen est comparée dans la presse nationale à un «big bang» laissant «la droite K.-O.» et la gauche à terre.

French presidential election candidate for the En Marche ! movement, Emmanuel Macron smiles as he leaves after voting at a polling station in Le Touquet, northern France, on April 23, 2017, during the first round of the presidential election. 
Pro-European Emmanuel Macron is set to face far-right candidate Marine Le Pen in France's presidential run-off, results showed on April 24, making him clear favourite to emerge as the country's youngest leader in its history. / AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN

French presidential election candidate for the En Marche ! movement, Emmanuel Macron smiles as he leaves after voting at a polling station in Le Touquet, northern France, on April 23, 2017, during the first round of the presidential election.
Pro-European Emmanuel Macron is set to face far-right candidate Marine Le Pen in France's presidential run-off, results showed on April 24, making him clear favourite to emerge as the country's youngest leader in its history. / AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN

AFP/Philippe Huguen

«Big bang» ou «grand saut dans le vide», écrit le quotidien économique Les Échos, qui retient de ce scrutin l'expression d'un «ras-le-bol du "système", table rase du passé». «Les électeurs ont choisi dimanche de tourner la page de la vie politique française telle qu'elle était structurée depuis le début de la Ve République», poursuit le journal. «Ce résultat constitue un séisme dont les répliques seront durables», estime le quotidien généraliste catholique La Croix.

Le journal libéral L'Opinion relève que «c'est une toute nouvelle page de l'histoire de la Ve République que les électeurs français ont ouverte, ce dimanche 23 avril, en éliminant de la présidentielle tous les représentants des partis politiques qui, à un titre ou à un autre, avaient gouverné dans les décennies passées». «Les Français ont renvoyé gauche et droite dos à dos pour tenter une nouvelle aventure», commente Yolande Baldeweck dans L'Alsace.

«La droite K.-O.», se désole le quotidien de droite Le Figaro, qui constate qu'«ainsi donc, l'imperdable a été perdu».

Macron «à une marche»

«Alors que le désir d'alternance, après un quinquennat unanimement jugé calamiteux, n'a jamais été aussi puissant, (la droite) ne sera pas, pour la première fois de son histoire, représentée au second tour de l'élection présidentielle», ajoute le directeur du quotidien de droite, Alexis Brézet. En position de favori, celui que Le Parisien/Aujourd'hui en France baptise «la sensation Macron» est désormais «à une marche» du pouvoir, comme le titre à sa une Libération.

Dans Le Journal de la Haute-Marne, Patrice Chabanet juge que «d'une certaine manière, le gendre idéal a renversé la table!» «Chapeau l'artiste! Huit mois auront permis à Emmanuel Macron de transformer son OPA sur la vie politique», s'enthousiasme Xavier Brouet, dans Le Républicain lorrain.

«Jamais», pour <i>L'Humanité</i>

«Emmanuel Macron n'a pas encore gagné, mais il a réussi son opération: pulvériser le vieux monde politique», insiste Michel Urvoy de Ouest-France. «Le second tour opposera donc le social-libéralisme au nationalisme, l'ouverture à la fermeture, l'Europe unie à la France seule», explique Laurent Joffrin, dans Libération, ajoutant qu'«en principe, grâce aux républicains de tous les partis, le jeune premier du scrutin l'emporte sur la vilaine marâtre».

Mais, nuance aussitôt le patron du journal de gauche, «le FN réalise le score le plus fort de son histoire à une présidentielle. Et si le combat se change en une confrontation peuple-élites, qui peut augurer à coup sûr du résultat? Dans un décor neuf, tout est possible. Autrement dit, vigilance». Un «Jamais» sans ambiguïté barrant une photo de Marine Le Pen s'affiche à la une du journal communiste L'Humanité, qui lance cet appel: «Rassemblons-nous pour lui barrer la route».

(L'essentiel/afp)

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