Frontaliers au Luxembourg – La France souhaite une «compensation fiscale»

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Frontaliers au LuxembourgLa France souhaite une «compensation fiscale»

LUXEMBOURG - La France voudrait une compensation fiscale de la part du Grand-Duché en raison des impôts que des dizaines de milliers de travailleurs frontaliers y payent.

Le Luxembourg a investi 200 millions d'euros dans la partie luxembourgeoise de l'autoroute reliant Luxembourg-Ville à Thionville.

Le Luxembourg a investi 200 millions d'euros dans la partie luxembourgeoise de l'autoroute reliant Luxembourg-Ville à Thionville.

Selon le gouvernement français, le nombre de frontaliers se rendant au Luxembourg pour travailler - environ 90 000 aujourd'hui - pourrait plus que doubler à l'horizon 2035, avec des coûts importants pour la France. Cette mobilité accrue a des conséquences sur «les investissements faits en France, comme les infrastructures de transport, mais aussi le financement de la dépendance, de l'accompagnement des personnes âgées, et de la petite enfance», a déclaré le secrétaire d'État français en charge des questions européennes, Harlem Désir, à l'issue d'une réunion avec le gouvernement luxembourgeois.

Harlem Désir a expliqué qu'il souhaitait «ouvrir une discussion sur la compensation fiscale» des impôts payés par les travailleurs français au Luxembourg, qui représentent presque le quart de l'emploi intérieur luxembourgeois (405 600 personnes). «Ces travailleurs paient leurs impôts à la source au Luxembourg et vivent en France dans des collectivités qui sont amenées à investir ou à prendre en charge les dépenses liées à leur situation», a-t-il insisté.

200 millions d'euros investis sur l'A3

Face à l'argumentaire français, les ministres luxembourgeois rétorquent avoir lourdement investi dans les routes et le rail. «Le Luxembourg a investi un milliard d'euros (1,7% du PIB luxembourgeois) ces dernières années dans les infrastructures», a ainsi affirmé Corinne Cahen, ministre luxembourgeoise chargée de la Grande Région, un groupement européen de coopération territoriale centré sur le Luxembourg, à cheval sur la Belgique, la France et l'Allemagne.

Parmi les différents projets détaillés, Corinne Cahen a notamment évoqué 200 millions d'euros investis dans la partie luxembourgeoise de l'autoroute reliant Luxembourg-Ville à Thionville, l'une des principales agglomérations pourvoyeuse de travailleurs au Luxembourg. L'axe, saturé, doit passer de deux à trois voies, mais les discussions sur le financement en France de l'A31 (prolongement de l'A3 luxembourgeoise) s'éternisent.

(L'essentiel/AFP)

Une compensation similaire en Belgique

En Belgique, le fonds «Reynders-Juncker», qui existe depuis 2002, prévoit une compensation financière aux communes belges qui comptent des résidents travaillant au Luxembourg.

En 2015, ce fonds a été revu à la hausse et a été fixé à 30 millions d'euros. Une réévaluation du fonds en fonction du nombre de travailleurs frontaliers est prévue tous les trois ans. La prochaine se fera en 2018.

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