Pour les Luxembourgeois – La fumette à Maastricht c'est fini!

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Pour les LuxembourgeoisLa fumette à Maastricht c'est fini!

Dès le 1er octobre, les coffee shops de Maastricht seront réservés aux résidents et aux frontaliers du pays. Les Luxembourgeois ne pourront plus y aller.

L'«Easy Going» est l'un des quatorze coffee shops de la ville.

L'«Easy Going» est l'un des quatorze coffee shops de la ville.

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À partir du 1er octobre, l'accès aux coffee shops de Maastricht sera exclusivement réservé aux Néerlandais, Belges et Allemands. Les Luxembourgeois devront aller ailleurs. La préférence nationale appliquée à la fumette est-elle légale? «Oui», a répondu, avant Noël, la Cour européenne de justice. La drogue n’étant pas une marchandise tout à fait comme les autres, la CEJ considère «qu’une interdiction d’admettre des non-résidents dans les coffee shops constitue une mesure de nature à limiter le tourisme de la drogue et de réduire les problèmes qu’il occasionne».

Une conclusion que partage Herwig Hofmann, professeur de droit européen à l'Uni. «Même aux Pays-Bas et à Maastricht, il est illégal de consommer des drogues, y compris des drogues douces. Jusqu'ici, il s'agit juste d'une tolérance. Et il n'y a pas d'illégalité dans l'illégalité. À première vue, il me semble que cette décision de la ville de Maastricht constitue un cas d'application de ce principe juridique».

«Les raisons invoquées ne sont pas valables»

Cyril, 27 ans, est Luxembourgeois. C'est lors de sa visite à Maastricht début septembre qu'il a appris la nouvelle, et il est tombé des nues. «En rentrant dans un coffee où je vais de temps en temps j'ai vu un gros flyer jaune destiné aux Luxembourgeois. On nous expliquait qu'on n'aura plus le droit de rentrer dans les coffee dès le 1e octobre. C'est n'importe quoi de sélectionner les nationalités, et les raisons invoquées ne sont pas valables».

En août dernier, Marc Josemans, propriétaire du coffee l'«Easy Going» et président de l'Association des coffee shops officiels de Maastricht (VOCM) revenait sur ces raisons. «La municipalité a fait savoir que des coffee shops seraient fermés si les nuisances ne diminuent pas. Or, il est apparu dans une enquête que les clients qui viennent des pays limitrophes des Pays-Bas utilisent relativement souvent les transports en commun et ne causent donc pas ou peu de problèmes de circulation».

Pour Cyril «cela n'a aucun sens. Ça ne va régler aucun problème et en créer. On va acheter dans la rue chez les dealers ou aller inonder une autre ville, et puis cette ville va en avoir marre et va faire quoi? La même chose que Maastricht?» Et des villes disposant de coffee ce n'est pas ce qui manque. Geleen, Sittard, Heerlen, Eygelshoven, Kerkrade et d'autres ne vont certainement pas tarder à voir débarquer les touristes de la drogue rejetés par la capitale de la province du Limbourg. Affaire à suivre...

(FR/L'essentiel Online)

Qui va dans les coffee?

Environ 1,4 million de touristes de la drogue, principalement des Belges, Allemands et Français, se rendent annuellement dans les coffee shops de Maastricht, provoquant problèmes de circulation, tapage nocturne et prolifération de vendeurs de drogue dans les rues.

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