Départ de l'UE? – «La Grande-Bretagne aura son référendum»

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Départ de l'UE?«La Grande-Bretagne aura son référendum»

La promesse de David Cameron d'organiser un vote sur le maintien du pays dans l'UE est applaudie mercredi par les tabloïds, eurosceptiques, le reste de la presse jugeant le pari «risqué».

La promesse de David Cameron d'organiser un référendum sur un départ éventuel du Royaume-Uni de l'UE divise la presse britannique.

La promesse de David Cameron d'organiser un référendum sur un départ éventuel du Royaume-Uni de l'UE divise la presse britannique.

AFP

«La Grande-Bretagne aura son référendum sur l'Europe», annonce triomphalement le Daily Express en Une, mettant en avant sa «victoire dans sa croisade» contre «Bruxelles et ses ingérences». Le tabloïd, qui rappelle que M. Cameron a fait croisade depuis 2010 pour une consultation sur l'UE, juge que cette décision va «ouvrir un débat politique enflammé dans les mois et les années à venir». Le Sun, qui avait aussi fait campagne pour un référendum, se frotte également les mains, espérant que le discours de Cameron va être «le début de la fin» de la participation britannique à l'UE.

Mais il se demande toutefois si la proposition de M. Cameron d'organiser un référendum dans plusieurs années sera suffisante pour «mettre fin au débat qui fait rage au sein des conservateurs depuis 20 ans» sur l'UE. «Ce sera la première fois que des millions d'électeurs auront leur mot à dire sur l'UE depuis le référendum sur le marché commun en 1975», rappelle le Daily Mail. Mais ce référendum «est le plus grand pari» de David Cameron depuis le début de son mandat, remarque-t-il.

«C'est une stratégie à haut risque»

Le Daily Telegraph parle aussi d'un «discours pivot» et se demande si la «perspective d'un référendum dans le futur, dans lequel Cameron fera campagne pour un maintien au sein de l'UE, sera suffisant pour satisfaire les attentes» des conservateurs eurosceptiques. Le Guardian (opposition) parle de son côté «d'un moment de vérité pour un homme opposé au risque» qui a «tergiversé et hésité» pendant toute la première moitié de l'année sur la conduite à tenir sur ce sujet. Son plan «recèle de nombreux pièges», souligne le journal, car les patrons britanniques peuvent «lever le drapeau de la révolte».

M. Cameron va en outre devoir affronter l'ire de ses partenaires libéraux-démocrates, europhiles convaincus, au sein de la coalition et l'inconnue de la réaction de ses partenaires européens, explique-t-il. Le Financial Times se fait l'écho de l'inquiétude des milieux d'affaires. «C'est une stratégie à haut risque, qui va mettre à l'épreuve la volonté de Paris et Berlin d'accepter une révision des relations du Royaume-Uni avec l'UE». Le Times évoque aussi «un discours clé» de son mandat: «Le calendrier» du Premier ministre, écrit-il, «est conditionné à deux évènements: une victoire complète des conservateurs en 2015 et la volonté des autres pays européens, en particulier de l'Allemagne, d'écrire de nouvelles règles pour la zone euro (...) qui permettent à M. Cameron d'arracher des concessions en échange de son soutien».

(L'essentiel Online/AFP)

«L'Europe doit se prendre telle qu'elle est»

Le président français François Hollande a estimé mercredi que «l'Europe doit se prendre telle qu'elle est» à propos de la perspective brandie par David Cameron d'un référendum au Royaume-Uni sur le maintien dans l'Union européenne.

«L'Europe, elle doit se prendre telle qu'elle est. On peut la faire évoluer demain, mais on ne peut pas l'abaisser, la diminuer, sous prétexte de proposer d'y rester», a déclaré le chef de l'Etat français lors d'un déplacement à Grenoble (sud-est). «Le Royaume-Uni peut parfaitement décider par un référendum de rester ou de quitter l'Union européenne, c'est la décision et des gouvernants de ce pays et des Britanniques eux-mêmes», a-t-il estimé. «Mais ce que je dis au nom de la France, en tant qu'Européen, c'est qu'il n'est pas possible de négocier l'Europe pour faire faire ce référendum», a-t-il enchaîné.

Lors du Conseil des ministres réuni dans la matinée, François Hollande avait «évidemment manifesté son souhait» que la Grande-Bretagne «demeure au sein de l'Union européenne», avait rapporté la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Le Premier ministre britannique David Cameron s'est engagé mercredi, sous la pression des eurosceptiques, à organiser d'ici la fin 2017 un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans une Union européenne réformée, suscitant une bonne dose d'inquiétude dans son pays et sur le continent.

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