Commerçants en colère – La grogne monte de plus en plus à Belvalplaza

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Commerçants en colèreLa grogne monte de plus en plus à Belvalplaza

ESCH-BELVAL - Fréquentation en deçà des annonces effectuées et hausse prévue des frais demandés par le gestionnaire du centre commercial, les relations entre les commerçants et le bailleur demeurent tendues.

L'ensemble des commerçants de Belvaplaza seraient prêts à porter plainte contre le promoteur du centre commercial contre la hausse annoncée des frais communs.

L'ensemble des commerçants de Belvaplaza seraient prêts à porter plainte contre le promoteur du centre commercial contre la hausse annoncée des frais communs.

Editpress

Après les départs de la librairie MPK et d'Asport, respectivement en 2009 et 2010, les choses s'étaient un peu calmées au sein du centre commercial Belvalplaza. En décidant de baisser de 50% le prix des loyers pour les locataires présents depuis les origines du centre commercial, le promoteur du projet, Dev Immo, avait réussi à faire taire les critiques. Mieux, Belvalplaza avait même réussi à attirer de nouvelles enseignes. Un statu quo cependant sur le point de voler en éclats avec le projet de l'ensemble des commerçants de déposer une plainte devant les tribunaux.

«La réalité au quotidien n'a strictement rien à voir avec les promesses qui ont été faites lorsque nous nous sommes installés, assure David Mancini, gérant d'une enseigne de textile au sein du complexe commercial. Outre le fait que nous devons faire face à des travaux incessants, à une fréquentation bien loin du niveau attendu et des contrats de bail pour le moins nébuleux, nous dénonçons notamment la hausse des frais communs prévue par le propriétaire. Un dossier est en cours de constitution, avec les 60 commerçants du site, pour contester cette hausse alors que nos chiffres d'affaires sont en baisse de près de 50% sur les premiers mois de 2012 par rapport à 2011».

Dialogue de sourds entre les deux parties

Une action en justice que Patrick Relecom, gestionnaire de Belvalplaza, contacté par L'essentiel Online, a appris ce mercredi. «Avec plus ou moins 200 000 visiteurs par mois, nous n'avons pas encore atteint notre rythme de croisière, notamment du fait de l'absence de l'université. Mais les résultats que la plupart des commerçants nous communiquent font état de chiffres encourageants. Pour de ce qui est de l'action en justice, je ne comprends pas, vu que le propriétaire est actuellement en négociations avec les différents locataires pour revoir la question des loyers en fonction des revenus actuels. Enfin, la hausse des frais communs est justifiée par la complexité du bâtiment, qui allie commerces et habitations. De manière générale, nous ne pouvons pas dire que les nouveaux tarifs soient en dehors des normes observées au Luxembourg».

Un dialogue de sourds entre les deux parties qui trouve ses origines dans le projet en lui-même, né d'un partenariat privé-public. Initialement doté d'un budget de 1,5 milliard d'euros par l'État, le site d'Esch-Belval associe le futur site de l'Uni, des pôles de recherche en bio-médecine et en informatique, à des projets privés. Pour le moment, en dehors du centre commercial, d'un hôtel et de la banque RBC, aucun autre investisseur privé n'a annoncé son arrivée sur le site. Ce à quoi s'ajoutent les délais rallongés de construction des bâtiments financés par l'État.

Selon le Fonds Belval et Agora, les deux entités chargées de mettre en valeur les friches industrielles d'Esch-Belval, les prochaines constructions à sortir de terre seront la Möllerei, siège de la future bibliothèque et du Centre national de la culture industriel, ainsi que la Maison du savoir et la Maison des sciences humaines. Des projets qui devraient être accessibles au public d'ici 2014. En attendant cette échéance, les commerçants du site vont devoir prendre leur mal en patience, au risque de voir leur échapper les 6 000 étudiants et les 2 000 employés attendus sur le site dans les années à venir.

(Jmh/L'essentiel Online)

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