Carburant au Luxembourg – La hausse des prix à la pompe pourrait continuer

Publié

Carburant au LuxembourgLa hausse des prix à la pompe pourrait continuer

LUXEMBOURG – Les prix des carburants peuvent encore flamber ces prochaines semaines à la pompe, expliquent les acteurs concernés.

Les prix des carburants se sont emballés en 2021 et encore au début de l'année 2022.

Les prix des carburants se sont emballés en 2021 et encore au début de l'année 2022.

Editpress/Alain Rischard

Les automobilistes s’en aperçoivent depuis plusieurs mois, les prix des carburants battent régulièrement des records absolus, avec désormais 1,50 euro pour le gazole et 1,576 pour le sans plomb 95. Pourtant, le prix du baril de pétrole tourne autour de 90 dollars à Londres, cotation de référence sur le marché européen, loin du record de 147 dollars en 2008.

«Les cours sont élevés, mais c’est vrai qu’ils ont déjà été supérieurs», confirme Jean-Marc Zahlen, secrétaire général du Groupement pétrolier luxembourgeois (GPL). Le prix du brut n’est pas le seul indicateur, il faut aussi suivre «les prix des produits pétroliers sur différents marchés». Or, l’or noir a tendance à se renchérir «du fait de la situation géopolitique, avec les tensions en Ukraine, mais aussi de la politique des pays de l’OPEP».

La fiscalité joue aussi

Les prix en Europe dépendent aussi de la parité euro/dollar, qui a évolué défavorablement pour les consommateurs européens acheteurs de produits libellés en dollar. Le rapport était d’un euro pour 1,60 dollar en juillet 2008, 1,38 dollar en avril 2014, puis, après quelques fluctuations, 1,13 actuellement. Un rapprochement des deux monnaies renchérit le coût des importations sur le Vieux Continent.

Enfin, le prix à la pompe au Luxembourg «provient pour moitié de la fiscalité», rappelle Jean-Marc Zahlen. Or, «nous avons assisté à trois augmentations des accises en trois ans, ainsi qu’à l’introduction de la taxe CO2 en 2021». «La fiscalité sur les carburants se compose de la TVA et des accises. Ces dernières sont fixes», explique le ministère des Finances. Quant à la TVA, «le droit communautaire ne prévoit pas d’autre taux que celui de 17% en vigueur». Si les cours du brut venaient à flamber de nouveau, «il n’existe pas vraiment de garde-fou», selon Jean-Marc Zahlen. Le gouvernement reconnaît «ne pas se poser actuellement» la question d’un mécanisme à mettre en place, si le prix des carburants atteignait par exemple deux euros le litre.

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

Ton opinion