Etude scientifique: La kétamine, une drogue médicale pas si addictive

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Etude scientifiqueLa kétamine, une drogue médicale pas si addictive

Alors que la prescription de ce psychotrope pour traiter la dépression fait débat, une équipe de l’Université de Genève a démontré que son usage thérapeutique est relativement sûr. 

Les souris pouvaient s’auto-administrer des doses de kétamine. Si cette dernière déclenche bien une hausse de la dopamine – comme toutes les drogues – elle active également un récepteur qui limite le risque d’addiction.

Les souris pouvaient s’auto-administrer des doses de kétamine. Si cette dernière déclenche bien une hausse de la dopamine – comme toutes les drogues – elle active également un récepteur qui limite le risque d’addiction.

Unige, Christian Lüscher

Couramment utilisée en médecine comme anesthésique, depuis une dizaine d’années, la kétamine est aussi prescrite pour soulager les symptômes dépressifs des personnes résistantes aux traitements classiques. Son action présente l’avantage d’être très rapide. Elle est ressentie quelques heures après la première prise, alors que les antidépresseurs traditionnels mettent plusieurs semaines à agir.

Des avis partagés

La prescription de cette drogue fait pourtant débat au sein de la communauté scientifique. «Certains estiment que la kétamine présente un fort risque addictif en cas de prise prolongée, d’autres non», explique Christian Lüscher, de la faculté de médecine de l’Université de Genève. Aussi, une équipe de l’Unige a décidé de mener l’enquête. Pour ce faire, elle a utilisé un dispositif permettant à des souris de s’auto-administrer des doses. Les résultats démontrent que ce psychotrope n’est que peu addictif et que «son usage thérapeutique est relativement sûr», rapportent les scientifiques.

Ces derniers ont constaté que le taux de dopamine - aussi appelée «molécule du plaisir» - augmentait bien lors de chaque prise. «Cependant, contrairement à la cocaïne par exemple, nous avons constaté que le taux de dopamine diminuait très rapidement après la prise», indique Yue Li, post-doctorante au Département des neurosciences fondamentales.

Le cerveau ne «mémorise» pas le produit

Les chercheurs ont en effet observé que cette dopamine se liait à un récepteur qui freine son augmentation. De son côté, la kétamine inhibe une molécule responsable des comportements addictifs. «Cette double action a pour conséquence de ne pas entraîner la plasticité synaptique que provoquent les drogues addictives et qui persiste dans le cerveau, après la disparition de la substance. C’est cette «mémorisation» du produit dans le système de récompense – absente dans le cas de la kétamine – qui pousse à la répétition de la consommation», conclut Christian Lüscher.

(comm/lhu)

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