Sondage au Luxembourg – La langue, un gros facteur de discrimination

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Sondage au LuxembourgLa langue, un gros facteur de discrimination

LUXEMBOURG - Le Centre pour l’égalité de traitement (CET) a publié les résultats de son sondage sur le sentiment de discrimination. Un sentiment en hausse depuis 2009.

Ne pas pouvoir parler leur langue est mal vécu par les Luxembourgeois.

Ne pas pouvoir parler leur langue est mal vécu par les Luxembourgeois.

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Le Centre pour l’égalité de traitement (CET) et l'institut de sondage TNS-ILReS ont voulu prendre la température du sentiment de discrimination au Luxembourg en effectuant un sondage. Le même qu'en 2009.

À la question: «Trouvez-vous que la discrimination a augmenté ces 5 à 10 dernières années», 39% des personnes interrogées ont répondu oui. Elles étaient 31% en 2009, soit une augmentation de 8%. Parmi les 1 025 personnes qui ont répondu à ce sondage, 279 disent avoir été victimes de discrimination dans les trois dernières années. 21% de ces discriminations ont pris place sur le lieu de travail et 17% sont liées à l'ethnie, la couleur ou la non-maîtrise du luxembourgeois. Seulement 24 personnes ont porté plainte.

Un sujet encore tabou au Luxembourg

Patrick De Rond, président du CET, ne semble pas surpris par ce dernier chiffre. «Même si le Centre gagne en visibilité, et que les gens osent davantage porter plainte, la discrimination reste un sujet tabou au Luxembourg, les gens ont honte d'en parler. Et souvent lorsqu'une discrimination nous est signalée, les plaignants ne veulent pas aller jusqu'au bout des démarches». Pour Anik Raskin, du CET, «c'est inhérent à la taille du pays, au Luxembourg tout le monde se connaît tout se sait».

Les organisateurs du sondage relèvent également que les petites communautés du Grand-Duché se sentent moins discriminées que les Portugais ou les Luxembourgeois. «Elles se sentent moins discriminées car elles restent plus entre elles. C'est le cas par exemple de la communauté anglophone du pays». À noter enfin, que 8% des Luxembourgeois interrogés considèrent qu'être obligés de parler une autre langue pour se faire comprendre est une discrimination.

Grands absents de ce sondage: les frontaliers. Quand on sait que la plupart des discriminations dénoncées par les sondés se passent sur le lieu de travail, il aurait été très intéressant d'avoir le sentiment des milliers de travailleurs qui franchissent tous les jours la frontière pour venir travailler au Grand-Duché.

(L'essentiel Online)

Le sondage

Le Centre pour l’égalité de traitement (CET) et TNS-ILReS sont à l'origine de ce sondage. Il a été effectué entre avril et mai 2011 auprès de 1 025 personnes représentantes de la population luxembourgeoise âgées de 15 ans et plus.

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