En Californie – La légalisation de la marijuana inquiète

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En CalifornieLa légalisation de la marijuana inquiète

Dix États latino-américains, pour la plupart situés en Amérique centrale, ont exprimé mardi leur inquiétude face à une éventuelle légalisation de la marijuana en Californie.

La légalisation de la marijuana en Californie inquiète. (AFP)

La légalisation de la marijuana en Californie inquiète. (AFP)

Les États-Unis ne peuvent à la fois «promouvoir la pénalisation de ce type d'activités dans d'autres pays et sur leur territoire autoriser la légalisation ouverte ou voilée de la production de drogues sur leur propre territoire», indiquent dix pays latino-américains, dont le Mexique et la Colombie, à l'issue d'un sommet à Carthagène des Indes, dans le nord de la Colombie.

La proposition 19 permettrait aux comtés et villes de Californie - où l'usage médical de la marijuana est légal depuis 1996 - d'autoriser la culture, le transport et la vente de marijuana, et de taxer cette dernière comme le tabac ou l'alcool.
«L'appel lancé est une alerte et une manifestation d'inquiétude face à l'initiative locale visant à légaliser la marijuana. Il évoque une exigence de cohérence (...) dans cette affaire de la part des Etats-Unis car on ne peut pas à la fois pénaliser et légaliser», a insisté le président mexicain Felipe Calderon.

Politique cohérente réclamée

Le sujet a dominé mardi ce sommet organisé dans le cadre du mécanisme de coopération régionale de Tuxtla, rassemblant des pays d'Amérique centrale et incluant aussi le Mexique et la Colombie. «Si nous n'agissons pas de manière cohérente dans ce domaine, si nous ne faisons qu'emprisonner nos citoyens alors que sous d'autres latitudes on légalise ce marché, n'est-il pas temps de revoir notre stratégie globale face aux drogues ?», avait demandé le président colombien Juan Manuel Santos en inaugurant le sommet.

Le sommet dit de Tuxtla rassemblait notamment Felipe Calderon et ses homologues costa-ricaine Laura Chinchilla, hondurien Porfirio Lobo, guatémaltèque Alvaro Colom et panaméen Ricardo Martinelli. La Colombie, premier producteur mondial de cocaïne selon l'ONU, le Mexique, où sont installés sept grands cartels dominant le trafic de cette drogue, mais aussi les pays d'Amérique centrale, de plus en plus utilisés comme zones de transit vers les Etats-Unis et l'Europe, sont concernés au premier titre par ce débat, ont souligné les chefs d'Etat.

Efforts vains ?

«En dépit des efforts de l'Amérique centrale ces vingt dernières années pour surmonter les problèmes liés au trafic de drogue, la région perd actuellement davantage de vies en lien avec des délits associés à celui-ci que du temps où elle était en guerre», a ainsi déclaré Laura Chinchilla une radio colombienne.

Ces déclarations interviennent une semaine avant les élections législatives aux Etats-Unis, le 2 novembre, à l'occasion desquelles la Californie soumettra au vote la proposition de loi 19 qui permettrait aux comtés et villes de l'Etat d'autoriser la culture, le transport et la vente de marijuana en taxant celle-ci comme le tabac ou l'alcool.

«Les conséquences (d'une telle légalisation) sur la lutte antidrogue dans la région seraient minimes d'un point de vue matériel», estime cependant la spécialiste du sujet Arlene Tickner, enseignante en relations internationales à l'Université des Andes à Bogota. L’impact d'une légalisation (en Californie) serait surtout symbolique», a-t-elle déclaré à l'AFP en citant des études selon lesquelles, il serait «nul ou très faible» concernant les cartels de la drogue mexicains, la marijuana représentant une part réduite des bénéfices qu'ils tirent du trafic de drogue.

L'essentiel Online avec AFP

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