Aux Pays-Bas – La lutte contre «Zwarte Piet», jugé raciste, avance

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Aux Pays-BasLa lutte contre «Zwarte Piet», jugé raciste, avance

«Pierre noir», un compagnon grimé en noir de Saint-Nicolas aux Pays-Bas, est de plus en plus critiqué dans le pays, à la faveur du mouvement Black Lives Matter.

La venue du Grand Saint marque également l’apparition de son acolyte à la peau noire, traditionnellement affublé d’une coiffure afro et de boucles d’oreilles clinquantes.

La venue du Grand Saint marque également l’apparition de son acolyte à la peau noire, traditionnellement affublé d’une coiffure afro et de boucles d’oreilles clinquantes.

AFP

À l’approche de l’hiver, les Pays-Bas se préparent à l’arrivée de Saint-Nicolas, souvent source de joie pour les plus petits. Mais pour les opposants à «Zwarte Piet» (père Fouettard), un de ses compagnons grimé en noir, ces festivités sont tout sauf un motif d’amusement.

La venue du Grand Saint marque également l’apparition de son acolyte à la peau noire, traditionnellement affublé d’une coiffure afro et de boucles d’oreilles clinquantes, des caractéristiques jugées racistes par certains.

Débat culturel

Après une décennie de lutte pour l’abolition du personnage de «Zwarte Piet» «Pierre noir» en français), un militant de premier plan assure que son combat a fait un bond en avant cette année, marquée par le mouvement «Black Lives Matter», même s’il reste selon lui encore beaucoup à faire.

«Ça a été une bataille difficile et nous avons encore une bataille difficile devant nous», déclare Jerry Afriyie, le cofondateur du groupe «Kick Out Zwarte Piet» («Virez Zwarte Piet»), lors d’une interview avec l’AFP. «C’est plus que Zwarte Piet – c’est une question de pouvoir, de qui décide qui est néerlandais ou non, qui décide si nous allons maintenir une tradition raciste ou non, et qui décide de ce qui est raciste ou non», explique le militant de 39 ans, qui est aussi poète.

«Se pencher sur leur propre situation»

Chaque année, «Zwarte Piet» cause un véritable débat culturel aux Pays-Bas, notamment lors des défilés de la Saint-Nicolas, où il distribue des bonbons aux enfants. Les défenseurs du personnage arguent que la peau de son visage est noire simplement parce qu’il passe par les cheminées des maisons afin d’y déposer des cadeaux.

Cette année, les avancées se sont multipliées pour les opposants de «Zwarte Piet», qui fait également débat à l’étranger. Les manifestations de «Black Lives Matter», qui ont suivi la mort de l’Afro-américain George Floyd sous le genou d’un policier blanc, «ont incité les gens, en particulier les jeunes, à se pencher sur leur propre situation» aux Pays-Bas, note Jerry Afriyie.

«Cela nous a en quelque sorte fait décoller et nous a clairement aidés à faire un grand pas en avant», estime le militant, qui souhaite également que le gouvernement néerlandais introduise des programmes éducatifs sur le passé colonial du pays.

(L'essentiel/afp)

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