Italie – La manif contre l'austérité dégénère

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ItalieLa manif contre l'austérité dégénère

Des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre se sont produits dans les grandes villes italiennes. À Milan, des étudiants ont lancé des pierres et des bouteilles sur la police.

Une grève de quatre heures et des manifestations se déroulaient mercredi dans toute l'Italie à l'appel de la principale confédération syndicale, la CGIL (gauche), dans le cadre de la journée européenne contre l'austérité. Cette dernière a été marquée par des heurts à Milan (vidéo ci-dessus) et à Turin. Dans ces deux villes du nord du pays, des milliers de personnes ont pris part à des manifestations et cortèges, selon des sources syndicales.

Un policier a été grièvement blessé à Turin et cinq autres plus légèrement à Milan dans des heurts en marge des manifestations. Les affrontements les plus sérieux ont eu lieu à Turin, devant le siège du département, où des autonomes ont roué de coups un policier, brisant son casque et lui cassant un bras.

Le groupe d'autonomes a ensuite fait irruption au siège du département où les manifestants ont hissé le drapeau des militants anti-TAV, le TGV Lyon-Turin. À Milan, les affrontements se sont produits surtout dans la zone de la gare de Porta Genova où des étudiants ont lancé des pierres et bouteilles sur les forces de l'ordre qui tentaient de les en déloger.

À Naples, quelques 300 étudiants ont occupé provisoirement plusieurs quais de la gare centrale et fait exploser des pétards et brûler des fumigènes, en criant: «Occupons la ville», «ne touchez pas à notre avenir».

«Les PIG se rebellent»

À Rome, un millier de personnes ont pris part à un cortège qui a traversé des rues du centre-ville et doit terminer son parcours sur une petite place. Un petit groupe d'étudiants a tenté de briser le cordon de police en lançant des pierres pour rejoindre le siège du gouvernement.

«L'Europe se réveille aujourd'hui, de Rome à Madrid et Athènes», a dit Mario Nobile, un étudiant de 23 ans. «Les PIG se rebellent», a-t-il ajouté, en allusion à l'acronyme utilisé pour les économies des pays plus affectées de l'Eurozone.

«Ils s'attaquent, au nom de l'austérité, à des droits fondamentaux comme le droit à l'éducation et au travail. C'est pour cette raison qu'il est très important que dans tous les pays il y ait une grève générale commune aujourd'hui, pour dire non à ces politiques», a déclaré à l'AFP, Francesco Locantore, 38 ans, enseignant.

«Hausse des retraites demandée»

«Je suis là pour demander une hausse des retraites, parce qu'on n'arrive plus à joindre les deux bouts. Moi j'ai une retraite de 650 euros, et une fois tous les impôts payés, il me reste 400 euros», a déploré une retraitée.

Des militants communistes brandissaient une banderole représentant la chancelière allemande Angela Merkel en uniforme nazi avec un brassard portant le symbole de l'Euro: «L'Union européenne est une dictature de banques et de monopoles», proclamait la banderole.

La manifestation principale en Italie a été organisée dans la petite ville de Terni, en Ombrie, dans le centre du pays, en présence de la secrétaire générale de la CGIL, Susanna Camusso. Le cortège est parti d'une aciérie locale «comme symbole des incertitudes qui pèsent sur de nombreux centres de production en Italie», selon le syndicat.

La grève de quatre heures touche de nombreux secteurs

Les deux autres grandes confédérations syndicales ont refusé de se joindre à ce mouvement de grève et aux manifestations pour protester de cette manière contre la décision unilatérale de la CGIL de lancer ces initiatives alors que des négociations étaient en cours pour réaliser des projets communs à tous les syndicats.

La grève de quatre heures touche de nombreux secteurs, mais dans les transports elle se limite aux ports et au secteur ferroviaire. En outre, elle a été annulée dans les zones du pays durement touchées ces derniers jours par les intempéries, comme la majeure partie de la Toscane.

(L'essentiel Online/AFP)

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