Rémy Dailler-Wiedemann – La mère de Mia a «supplié» qu'on l'aide
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Rémy Dailler-WiedemannLa mère de Mia a «supplié» qu'on l'aide

Réfugié depuis plusieurs années en Malaisie, le «gourou» soupçonné d’être l’instigateur de l’opération menée pour rendre Mia à sa mère donne sa version des faits.

Un étrange personnage se cache derrière le spectaculaire enlèvement de la petite Mia, retrouvée saine et sauve à Sainte-Croix, en Suisse dimanche. Soupçonné d’avoir commandité l’opération, Rémy Dailler-Wiedemann fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. La justice pense que cet ex-cadre du MoDem réfugié en Malaisie est le «gourou» de la mouvance à laquelle ont fait allégeance les personnes mises en examen dans cette affaire.

Père de onze enfants, le Français de 55 ans exerce son influence via les réseaux sociaux, où il est considéré par certains comme un mythomane, par d’autres comme un mégalomane tandis que ses admirateurs le pensent sincère. Adepte des théories complotistes – il reprend notamment celles promues par QAnon – le gourou fait du «renversement du gouvernement de la République française» l’un de ses principaux combats. «Il faut nettoyer cet État. (…) On vous a si bien endormis avec les élections», lance-t-il dans une de ses vidéos visionnées par BFM TV.

«Il n’y avait manifestement rien à lui reprocher»

Mardi, Rémy Dailler-Wiedemann s’est longuement expliqué avec un journaliste du Parisien. Il assure ne pas être inquiété par le mandat d’arrêt dont il fait l’objet et évoque son combat contre les placements abusifs d’enfants ainsi que pour l’école à la maison. «Vous verrez que ce mandat sera abandonné dans une dizaine de jours… L’État veut que l’on se concentre sur cette affaire bénigne pour terroriser les parents qui souhaiteraient récupérer leurs enfants», explique le quinquagénaire.

Le gourou l’affirme: l’opération dont il serait l’instigateur n’était pas un enlèvement d’enfant: «Il s’agit, au contraire, de la restitution d’un enfant à sa maman à la demande de cette dernière», argumente le «gourou», qui dit n’avoir pas eu de contact direct avec la mère de Mia. «Il n’y avait manifestement rien à lui reprocher. On dit qu’elle est anorexique, végane ou survivaliste, comme si c’était un délit. Mais c’est son droit absolu! Depuis quand retire-t-on des enfants pour des motifs de ce type?» s’insurge Rémy Dailler-Wiedemann.

Une opération «bon enfant»

L’homme défend par ailleurs la volonté de Lola Montemaggi de ne pas envoyer sa fille à l’école: «Là encore, c’est son droit absolu. En France, l’instruction des enfants est obligatoire, mais pas forcément la scolarisation.» Le Français ajoute que la mère de Mia a «supplié» qu’on l’aide. «Une opération «bon enfant» s’est organisée. Elle a été menée par de bons pères de famille, des gens héroïques d’ailleurs, qui ont rendu cette enfant à la mère suppliante. Moi, je dis bravo. Formidable les gars!» s’enthousiasme le quinquagénaire.

«Des milliers d’enfants enlevés par les autorités»

Le «gourou» n’hésite pas à tirer un parallèle entre l’époque actuelle et la Seconde Guerre mondiale: «Dans les deux cas, il s’agit d’une oppression. Comme déjà dit, il existe des milliers d’enfants enlevés par les autorités. Je connais bien le sujet. Chaque année, des centaines de mamans me contactent pour cette raison», explique-t-il.

Les cinq hommes qui ont organisé le kidnapping sont poursuivis pour «enlèvement en bande organisée d’une mineure de (moins de) quinze ans et association de malfaiteurs». Quatre d’entre eux ont été placés en détention. Un sixième homme est toujours recherché. Ils se revendiquent de la mouvance antisystème. Le mandat d’arrêt délivré contre Rémy Dailler-Wiedemann «a été pris au regard de plusieurs éléments, dont les auditions de certaines des personnes placées en garde à vue et mises en examen», a précisé le procureur de la République de Nancy François Pérain.

(L'essentiel/joc)

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