Chantage sexuel à Benjamin Griveaux: La Messine Alexandra de Taddeo pourrait être jugée en correctionnelle

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Chantage sexuel à Benjamin GriveauxLa Messine Alexandra de Taddeo pourrait être jugée en correctionnelle

PARIS/METZ – Le parquet de Paris a demandé un procès en correctionnelle pour l'artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne, Alexandra de Taddeo, soupçonnés d'avoir diffusé en 2020 des vidéos à caractère sexuel de Benjamin Griveaux.

Le parquet de Paris a demandé un procès en correctionnelle pour l'artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo, soupçonnés d'avoir diffusé en 2020 des vidéos à caractère sexuel de Benjamin Griveaux. Le parquet a confirmé l'information du Parisien selon laquelle il a requis, le 29 mars, un procès dans ce dossier pour «atteinte à l'intimité de la vie privée par enregistrement, fixation ou transmission sans consentement d'images d'une personne présentant un caractère sexuel» et pour «diffusion sans accord d'images à caractère sexuel».

La décision finale sur la tenue éventuelle d'un procès de M. Pavlenski et de Mme de Taddeo revient désormais aux juges d'instruction. Mi-février 2020, des vidéos intimes de Benjamin Griveaux, alors candidat LREM à la mairie de Paris, avaient été publiées sur internet puis largement diffusées, causant son retrait de la course quelques semaines avant les municipales. Dans la foulée, Piotr Pavlenski, 38 ans, et Alexandra de Taddeo, 31 ans, avaient été mis en examen le 18 février.

Sur un blog le 1er février 2020

L'artiste russe, réfugié politique en France depuis 2017, avait revendiqué avoir diffusé et réalisé le montage des vidéos que Benjamin Griveaux avait adressées à Alexandra de Taddeo lors de leur brève relation, entre mai et août 2018. Connu pour s'être coupé un morceau d'oreille, cloué les testicules sur la Place Rouge à Moscou ou avoir incendié en 2017 la façade d'une succursale de la Banque de France à Paris, Piotr Pavlenski avait présenté sa démarche comme artistique et militante, sous le slogan «pornopolitique».

Le montage des vidéos avait été publié brièvement une première fois sur un blog le 1er février 2020, puis une seconde fois, avec un fort retentissement, le 12 février sur un site créé par M. Pavlenski. Selon le réquisitoire, le parquet considère que ces publications n'auraient pas été possibles si Alexandra de Taddeo n'avait pas, en premier lieu, conservé à son insu les images érotiques échangées avec M. Griveaux, 44 ans. Le ministère public estime aussi qu'elle a aidé M. Pavlenski à créer le site dédié à leur diffusion.

«Deux ans d'enfer»

Sollicité, Me Yassine Bouzrou, l'un des avocats de Piotr Pavlenski, n'a pas souhaité commenter. Interrogée au cours de l'enquête, Alexandra de Taddeo a contesté avoir mis en ligne les images et affirmé les avoir sauvegardées pour se prémunir de M. Griveaux, ancien porte-parole du gouvernement, si leur relation venait à être ébruitée. Son avocate n'a pas donné suite aux sollicitations.

Le ministère public a en revanche demandé l'abandon des poursuites pour Me Juan Branco, un des avocats de M. Pavlenski qui avait été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté en 2021. «Deux ans d'enfer, de destruction systématique de ma réputation pour en arriver là: malgré tous les efforts du parquet et de l'instruction, malgré une cabale médiatique comme ce pays en a rarement connu, rien n'a été trouvé qui puisse m'être reproché», a souligné Me Juan Branco auprès de l'AFP.

(AFP)

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