Enquête en cours – La mort de Berezovski n'est pas suspecte

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Enquête en coursLa mort de Berezovski n'est pas suspecte

Les enquêteurs spécialisés de la police britannique n'ont «rien trouvé de suspect» dans la résidence d'Ascot, où a été découvert samedi le corps du milliardaire russe.

«À la lumière des conclusions des agents spécialement formés qui ont effectué l'examen NRBC à titre de précaution, la plus grande partie du cordon de police qui avait été mis en place autour de la propriété de M. Berezovski a été levée», a déclaré le commandant de la police locale, Simon Bowden. «Les enquêteurs de la police criminelle de la vallée de la Tamise procèdent maintenant à une enquête complète et approfondie pour déterminer les circonstances de la mort» de M. Berezovski, précise la police. Boris Berezovski, opposant de longue date du président russe Vladimir Poutine, est décédé samedi après-midi à 67 ans dans des circonstances «inexpliquées» par la police britannique qui enquête alors qu'un avocat russe affirme qu'il s'est suicidé.

Le milliardaire a été l'un des adversaires les plus virulents du président russe. Il était l'une des figures à Londres d'un groupe d'exilés russes anti-Poutine dont avait été membre Alexandre Litvinenko, un transfuge du FSB (services de renseignement russes) empoisonné en novembre 2006 au polonium, une substance radioactive. Le transfuge avait, peu avant, bu un thé avec un agent secret et un homme d'affaires russes.

Berezovski était déprimé

L'ex-oligarque russe était «déprimé» mais la lettre dans laquelle il aurait demandé pardon à Vladimir Poutine suscite des doutes, a déclaré dimanche un de ses plus proches amis et collaborateurs. Boris Berezovski «vivait bien sûr dans un stress important, je pense qu'il avait des symptômes proches de la dépression», a déclaré à l'antenne de la télévision câblée Dojd Alexandre Goldfarb, qui dirige à New York la Fondation internationale pour les libertés civiles (IFLC) créée en 2000 par M. Berezovski pour financer des ONG en Russie.

«Il était déprimé, mélancolique, il ne ressemblait pas au Boris Abramovitch enjoué que nous avions connu toutes ces années», a ajouté M. Goldfarb, interrogé à distance par internet, indiquant avoir vu Boris Berezovski pour la dernière fois en novembre et lui avoir parlé par téléphone il y a trois semaines.

Pardon à Poutine

Boris Berezovski, débouté en août par la justice britannique dans le procès qu'il avait intenté à son ex-partenaire Roman Abramovitch, aujourd'hui proche du Kremlin et auquel il réclamait 5 milliards de dollars, «avait encaissé un coup à titre personnel, financier, et politique», a relevé M. Goldfarb. Citant des amis de Berezovski à Londres, un des principaux avocats de Moscou, Alexandre Dobrovinski, a affirmé à la télévision Rossia 24, que ce dernier s'était suicidé, suscitant aussitôt un démenti d'un ami de la famille alors que la police britannique parle toujours d'un décès inexpliqué.

Interrogé par la chaîne câblée d'opposition sur la lettre adressée par M. Berezovski il y a deux mois, selon le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, à Vladimir Poutine pour lui demander «pardon», Alexandre Goldfarb a émis les plus grands doutes. «Tant que Dmitri Peskov et son boss ne montreront pas un facsimilé de la lettre, on ne peut rien dire, parce que ces gens mentent comme ils respirent», a déclaré cet ancien dissident soviétique exilé en 1975.
«Si une telle lettre existe, peut-être son contenu a-t-il été déformé dans la manière dont il a été rapporté par Peskov», a-t-il ajouté.

(L'essentiel Online/ats/afp)

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