Formation: La nationalité, un terrain miné pour la formation luxembourgeoise
Publié

FormationLa nationalité, un terrain miné pour la formation luxembourgeoise

Avant l'Euro U17 lundi, «L'essentiel» s'intéresse à la formation des footballeurs luxembourgeois. Troisième volet sur l'enjeu de la nationalité et comment la Fédération tente de conserver ses meilleurs talents (3/3).

par
Nicolas Grellier
Certains jeunes ont plusieurs nationalités

Certains jeunes ont plusieurs nationalités

Vincent Lescaut

À l’entrée de la Fédération luxembourgeoise de football (FLF) à Mondercange, impossible de manquer les feuilles A4 qui indiquent la direction des cours de luxembourgeois. Depuis le début de l’année, l'institution a mis en place ce dispositif à destination des footballeurs nés hors du Luxembourg ou de leurs parents avec un objectif clairement affiché: permettre aux jeunes d’obtenir la nationalité luxembourgeoise pour un jour défendre les couleurs de l’équipe nationale.

Dans un pays où l’immigration est importante, les joueurs formés au centre de formation national, à Mondercange, n’ont pas toujours la nationalité du Grand-Duché. «Les jeunes nés au Luxembourg, qui y habitent et y sont scolarisés, peuvent à partir de 12 ans la demander assez facilement», détaille Manuel Cardoni, le directeur technique national. Une autre solution passe par les parents qui, s’ils deviennent luxembourgeois, transmettent automatiquement la nationalité à leurs enfants.

«On veut les garder pour nous»

En cas d’obtention du précieux sésame, il faut alors composer avec le spectre de la double, voire de la triple. Tout le monde a encore en tête la décision de Miralem Pjanic, formée à Schifflange et à Mondercange, de défendre les couleurs de la Bosnie Herzégovine, le pays où il est né. «Récemment on a deux pères qui sont venus nous voir parce qu’ils avaient été sollicités par le Maroc, raconte Manuel Cardoni. On n’est pas content, c’est clair. On veut les garder pour nous. On les a détectés, on a investi beaucoup d’argent, beaucoup de temps, en espérant qu’ils puissent augmenter la qualité de l’équipe A».

Vincent Lescaut

La question est prise très au sérieux à la FLF qui essaie de jouer sur la carte affective dès le plus jeune âge. «Lors du dernier match de l’équipe nationale A, on a invité les U12 et les U13 à venir voir leurs matches ensemble dans leur tenue d'entraînement, souligne l’ancien joueur de la Jeunesse Esch. Un jeune, on peut le prendre par les émotions. L’idée derrière c’est qu’il préfère jouer avec ses copains plutôt que pour le pays où il est né et où il ne connaît personne».

Et si quelques talents continuent de filer entre les doigts des formateurs, la dynamique actuelle des Lions rouges joue en faveur de la FLF. «Ça devient plus facile de convaincre un joueur de jouer pour le Luxembourg», note Manuel Cardoni. Des résultats comme la qualification des U17 pour l’Euro laissent une trace chez les jeunes».

Ton opinion

0 commentaires