Environnement – La nature au Luxembourg dans un état très «alarmant»

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Environnement La nature au Luxembourg dans un état très «alarmant»

LUXEMBOURG – L'Observatoire de l'environnement naturel déplore que la situation des habitats et des espèces se soit encore détériorée depuis 2013.

par
Nicolas Martin
Close up of a large striped bee collecting pollen on a yellow flower

80% des espèces animales sont dans un état de conservation précaire, note le rapport.

Editpress

Dans son rapport d'activité pour la période 2017/2021, présenté ce mardi, l'Observatoire de l'environnement naturel a constaté que la situation des habitats et des espèces s'est encore détériorée depuis 2013. Deux tiers des habitats naturels au Luxembourg désormais dans un état de conservation défavorable ou mauvais. Les zones humides, les prairies sont de plus en plus rares. Côté espèces animales, 80% sont dans un état de conservation précaire. À l'image de l'alouette des champs, certaines espèces ont vu leur population baisser dans des proportions «affolantes», souligne Nora Elvinger. Parfois de plus de 90%. Les tariers des prés par exemple ont même disparu selon les derniers relevés (2013-2018).Les mesures visant les chouettes chevêches semblent en revanche porter leurs fruits.

Reste que pour les habitats menacés les pertes ont été plus fortes que les surfaces restaurées lors des cinq dernières années. Parmi les raisons de cette situation, l'Observatoire constate les effets de l'agriculture intensive. La seconde cause serait l'urbanisation qui conduit à la perte d'habitats naturels. Le morcellement des paysages pour les axes de transports, l'imperméabilisation des sols pour la construction, la pollution sont pointés du doigt. Et l’interdiction du glyphosate ne serait qu’une «goutte dans l’océan», estime la coordinatrice.

Jacques Pir, Simone Schneider, François Benoy et Nora Elvinger (de gauche à droite) ont présenté le rapport ce mardi.

Jacques Pir, Simone Schneider, François Benoy et Nora Elvinger (de gauche à droite) ont présenté le rapport ce mardi.

Foto: Editpress/Hervé Montaigu

S'appuyant sur un rapport d'experts allemands, l'Observatoire a constaté, dans le cadre des réflexions sur la réforme de la Politique agricole commune qu'il faudrait que 30% des surfaces agricoles passent en gestion extensive pour arriver à inverser certains phénomènes. Elle appelle donc à réorienter les fonds de Bruxelles ou les fonds nationaux. «La fenêtre de stabilisation de la biodiversité au Luxembourg se réduit. C'est urgentissime de changer», conclut Nora Elvinger. Une étude est déjà lancée pour la période 2019-2025.

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