Bandes dessinées – «La nature se révèle toujours apaisante»
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Bandes dessinées«La nature se révèle toujours apaisante»

C'est un album nature. Mais c'est avant tout une histoire de rapports de force entre un écrivain pervers et les femmes.

L'essentiel: Pourquoi cet album, «Le Dernier Brame»?

Jean-Claude Servais: Depuis très longtemps, j'avais envie de raconter quelque chose autour du brame du cerf. Comme je ne fais pas de documentaire, j'ai tissé une histoire autour de ce combat de mâles pour les biches.

Votre mâle dominant, c'est Bernard Chalenton, un écrivain à succès...

C'est l'histoire de quelqu'un de célèbre et de son pouvoir de «dominant» sur ses admiratrices, en analogie avec ce qui se déroule dans la forêt. Comme c'est dans l'univers littéraire que se déroule l'intrigue, j'ai emprunté des éléments à trois écrivains de ma génération et du Luxembourg belge. Ce sont aussi trois amis très proches: Franck Andriat, Alain Bertrand et Jean-Luc Duvivier de Fortemps.

Ce Chalenton est un mec peu recommandable au final...

C'est vraiment un sale mec qui profite de tout. Je n'ai rien de commun avec lui, fort heureusement. Il a certes son aura d'écrivain, mais il est d'une perversion sans égale. Claudine l'a appris à ses dépens au point d'en devenir folle. Sa fille Colette va devoir lutter avec cet homme auquel elle est liée. Une lutte qui passe par la séduction, le mensonge, la manipulation.

Votre album est une ode à la nature. Est-ce un acte militant?

Non, c'est une preuve d'amour. Pour sortir de mon village, vers Orval ou vers l'Ardenne, je dois traverser des bois. Quand j'écris, c'est au bord d'un étang que je trouve l'inspiration. Quand je dessine, je suis face à la forêt. En magnifiant la nature, j'appelle à la respecter.

La nature est omniprésente dans votre œuvre...

Elle est le fil rouge entre toutes mes histoires car je veux montrer que l'homme est relié à la nature. Quand mes histoires sont parfois sombres ou effrayantes, la nature dite «sauvage» est bien plus apaisante.

Vous habitez en Gaume. Comment la définir?

C'est le midi de la Belgique. On est bavard, roublard. On en fait des tonnes. Mais on sait toujours rester authentique et accueillant.

Recueilli par Denis Berche

«Le Dernier Brame». Jean-Claude Servais. Dupuis.

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