Climat: La Norvège, futur cimetière du CO2 européen?

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Climat La Norvège, futur cimetière du CO2 européen?

Sur les rives glaciales de la mer du Nord, un «cimetière» en construction accueillera une petite partie du CO2 émis par l’industrie européenne, évitant ainsi qu’il ne finisse dans l’atmosphère.

A photo taken on June 21, 2021 in Oygarden near Bergen, Norway, shows cranes and vehicles at a construction site at the start of construction work for a terminal which will collect liquefied carbon dioxide CO2, which will arrive by ship from industrial facilities in Europe and will run through a pipeline into geological formations deep beneath the sea bed, so that it doesn't contribute to global warming. - On the icy shores of the North Sea, a "graveyard" under construction is raising the hopes of climate experts: soon, the site will house a -- small -- portion of the CO2 emitted by European industry, preventing it from ending up in the atmosphere. (Photo by Alexiane LEROUGE / AFP)

Dans la localité d’Øygarden, sur une île toute proche de Bergen (ouest de la Norvège), un terminal en cours de construction réceptionnera d’ici quelques années des tonnes de CO2 liquéfié.

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Sur les rives glaciales de la mer du Nord, un «cimetière» en construction suscite les espoirs d’experts du climat: bientôt, le site accueillera une petite partie du CO2 émis par l’industrie européenne, évitant ainsi qu’il ne finisse dans l’atmosphère. Longtemps perçue comme une solution techniquement compliquée et coûteuse à l’utilité marginale, la piste de la capture et du stockage de carbone (CCS) est désormais en vogue sur une planète qui peine à réduire ses émissions malgré l’urgence climatique.

Dans la localité d’Øygarden, sur une île toute proche de Bergen (ouest de la Norvège), un terminal en cours de construction réceptionnera d’ici quelques années des tonnes de CO2 liquéfié, acheminé du Vieux Continent par bateaux après avoir été capté à la sortie des cheminées d’usines. De là, le carbone sera injecté via un pipeline dans des cavités géologiques à 2 600 mètres sous les fonds marins. Avec l’ambition qu’il y reste indéfiniment.

Gisements pétroliers épuisés

C’est «la toute première infrastructure de transport et de stockage en accès libre du monde, permettant à tout émetteur qui a capté ses émissions de CO2 de les voir prises en charge, transportées et stockées de façon permanente en toute sécurité», souligne le directeur de projet, Sverre Overå. Principal producteur d’hydrocarbures d’Europe de l’Ouest, la Norvège posséderait également le plus gros potentiel de stockage de CO2 du continent, notamment... dans ses gisements pétroliers épuisés.

Le terminal d’Øygarden s’inscrit dans le plan «Langskip», le nom norvégien des bateaux vikings. Oslo a financé 80% des infrastructures en mettant 1,7 milliard d’euros sur la table afin de développer le CCS dans le pays. Deux sites de la région d’Oslo, une cimenterie et une usine de valorisation énergétique des déchets, devraient à terme y expédier leur CO2. Mais la particularité du projet réside dans sa facette commerciale en donnant aussi aux industriels étrangers la possibilité d’y envoyer leur propre dioxyde de carbone.

Projet avec la Belgique

Pour ce faire, les géants énergétiques Equinor, TotalEnergies et Shell ont mis en place un partenariat, baptisé Northern Lights, qui sera le premier service transfrontalier de transport et de stockage de CO2 au monde lorsque ses opérations démarreront en 2024. Deux jalons importants pour le CCS en Norvège ont été franchis ces derniers jours.

Lundi, les partenaires de Northern Lights ont annoncé un premier accord commercial transfrontalier qui portera sur le transport – par bateaux spéciaux – et la séquestration, chaque année, de 800 000 tonnes de CO2 capté sur une usine néerlandaise du fabricant d’engrais Yara à compter de 2025. Le lendemain, Equinor a dévoilé avec l’allemand Wintershall Dea un projet de construction d’un pipeline de 900 kilomètres visant à transporter du CO2 d’Allemagne pour le stocker en Norvège. Un projet similaire avec la Belgique est déjà dans les tuyaux.

(AFP)

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