Cycliste luxembourgeois – La nouvelle vie de Kim Kirchen

Publié

Cycliste luxembourgeoisLa nouvelle vie de Kim Kirchen

LUXEMBOURG – Sept ans après son maillot jaune sur les routes du Tour, cinq ans après son grave accident, nous avons retrouvé la trace de l’ancien cycliste luxembourgeois, toujours très occupé.

Jeudi 10 juillet 2008, première étape accidentée du 95e Tour de France. L’Italien Riccardo Ricco, qui sera contrôlé positif à l’EPO quelques jours plus tard, triomphe, devançant un groupe de costauds. Cinquième de l’étape, le Luxembourgeois Kim Kirchen s’empare du maillot jaune de leader. Il a conservé le paletot pendant quatre jours, avant de boucler le Tour à la septième place, à une époque où le Luxembourg réussissait à placer trois coureurs dans les 11 premiers (les frères Schleck 5e et 11e). «L’année 2008 avait été exceptionnelle pour moi», reconnaît aujourd’hui l’ancien coureur de 36 ans, contacté par L’essentiel. Il avait remporté deux étapes du Tour du Pays basque, une du Tour de Suisse, et surtout la Flèche wallonne. «À l’origine, je rêvais plus des classiques que du Tour de France. J’adorais notamment le Tour des Flandres, même si c’était très dur».

La carrière de Kim Kirchen s’était arrêtée brutalement le 18 juin 2010, deux semaines avant son 32e anniversaire. À l’issue d’une étape du Tour de Suisse, le coureur a fait un malaise cardiaque, laissant craindre le pire. Il était resté plusieurs jours dans le coma artificiel, avant de se réveiller. «Aujourd’hui, je vais bien, indique le coureur. En fait, je n’ai eu aucune rechute depuis. Le problème, c’est qu’aucun examen n’a pu expliquer les causes de cet accident. Quand on a connu ça, on vit forcément différemment. On fait attention, on a peur que ça revienne».

Fondation et ministère des Sports

Le vélo raccroché, Kim Kirchen n’a pas mis de temps à organiser sa reconversion. Il préside la fondation qui porte son nom. Elle vient en aide aux enfants atteints de maladies graves, placés dans des foyers ou souffrant de handicap. «Je trouve ça important de motiver les gens pour la bonne cause. J’ai encore plus de motivation depuis mon accident, j’ai pris conscience qu’un drame peut arriver à tout le monde».

L’ancien cycliste a également trouvé un emploi au ministère des Sports. «Je suis au service des infrastructures, chargé des subventions pour les collectivités. Je contrôle les factures et j’évalue les besoins des besoins des collectivités. En plus, je suis parfois présent sur les stands du ministère des Sports». Par ailleurs, l’ancien maillot jaune du Tour de France commente régulièrement des courses pour la chaîne de télévision RTL.

«Il faut changer les mentalités»

L’ancien coureur n’a pas gardé beaucoup de contacts avec ses anciens camarades. «Je suis toujours proche de Michael Rogers. J’ai aussi envoyé un SMS à Joaquim Rodriguez après sa victoire à Huy. Mais ma carrière est assez loin maintenant». Il en garde pourtant un très bon souvenir. «J’ai passé dix années superbes chez les pros, je suis très content de ça». Il se souvient notamment de son premier tour de France en 2004, «une émotion particulière». En revanche, ses deux victoires sur la Grande Boucle, acquises à la faveur de déclassements de coureurs dopés, ne le font pas rêver. «Ce n’est évidemment pas la même chose que de franchir la ligne en levant les bras. En plus, les classements ne sont pas toujours rectifiés».

S’il loue les progrès de la lutte antidopage, Kim Kirchen pense que la triche reste un fléau selon lui. «Ce n’est pas acceptable que des gens comme Alexandre Vinokourov dirigent toujours des équipes. Il faut changer les mentalités». Le Luxembourgeois ne se rend «plus très souvent» sur les courses. «Je n’ai plus trop le temps, je le fais essentiellement dans le cadre de mon travail».

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

Ton opinion