Gast Waltzing – «La plus belle histoire de ma vie m'a coûté 4 ans»
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Gast Waltzing«La plus belle histoire de ma vie m'a coûté 4 ans»

LUXEMBOURG – Gast Waltzing, le plus célèbre des compositeurs et chefs d’orchestre du Luxembourg, est l'invité cette semaine de Jean-Luc Bertrand sur «L'essentiel Radio».

20191119. Luxembourg, Conservatoire.
Portrait du trompettiste et compositeur Gast Waltzing.
Photo Julien Garroy / Editpress

20191119. Luxembourg, Conservatoire.
Portrait du trompettiste et compositeur Gast Waltzing.
Photo Julien Garroy / Editpress

Julien Garroy
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17.12 Pour Gast Waltzing, chacun ne peut se prétendre artiste.

17.12 Pour Gast Waltzing, chacun ne peut se prétendre artiste.

Julien Garroy
16.12 Après plus d'un demi-siècle au Conservatoire de Luxembourg, Gast Waltzing doit partir en pension.

16.12 Après plus d'un demi-siècle au Conservatoire de Luxembourg, Gast Waltzing doit partir en pension.

Editpress/Julien Garroy
15.12 S'il devait y retourner aujourd'hui, Gast Waltzing ne participerait pas à l'Eurovision de la même façon.

15.12 S'il devait y retourner aujourd'hui, Gast Waltzing ne participerait pas à l'Eurovision de la même façon.

Épisode 5 - La séquence du 16 décembre

Gast Waltzing a décroché un Grammy Award avec Angélique Kidjo. «On s'est rencontrés à un festival de jazz. Elle m'a dit que j'étais fou de vouloir faire ça avec un orchestre symphonique. Je lui ai répondu de venir le faire au Luxembourg, si ça rate pour toi, c'est pas grave, on n'aura pas les grands critiques qui vont venir au Luxembourg. C'était la plus belle histoire de ma vie, mais ça m'a coûté quand même quatre ans de ma vie».

En l'espace de dix ans, le Luxembourg et sa scène musicale ont bien changé, estime Gast Waltzing. «Maintenant, ça bouge. La Philharmonie est une belle salle, tous les orchestres, les solistes viennent, il y a la Rockhal...». Mais il déplore un certain mélange entre artistes professionnels et non professionnels. «Chacun peut faire dans sa vie ce qu'il veut. Si quelqu'un a plaisir à faire de la musique, c'est génial. Mais moi je ne suis pas chirurgien, je ne vais pas aller à l'hôpital dire: "Je vais faire une opération parce que j'ai vu sur YouTube comment ça marche". Le problème, c'est ce mélange et chacun se dit: "Je suis musicien". Mais si tu ne gagnes pas ta vie avec ou ne fais pas l'effort pour aller dans cette direction...».

«C'est un des plus grands trompettistes du monde. Il a changé le monde du jazz quatre fois, et chaque fois il s'est fait détruire»

Épisode 4 - La séquence du 16 décembre

Si la famille Waltzing n'est pas forcément une famille de musiciens, elle comporte pas mal d'artistes. «Y'a des peintres, des acteurs, des auteurs... On est des artistes du côté de ma mère». Pour Gast, tout a commencé au Conservatoire, un lieu qui reste spécial pour lui. «On vient de me jeter dehors, il faut aller en pension. J'ai passé 56 ans de ma vie au Conservatoire. J'aime y être avec des jeunes, tout le temps en train d'échanger, surtout dans le département de jazz que j'ai fondé».

«En musique classique, aucun trompettiste n'a jamais égalé Maurice André. J'ai étudié un peu avec lui au conservatoire à Paris, j'ai fait deux concerts avec lui. Un grand monsieur. Il aurait pu me détruire sur scène, mais il a joué moins pour que je paraisse moins mal». S'il devait être défini en un mot, Gast Waltzing choisirait «têtu».

«C'est génial, c'est super. L'écriture, la voix. Je l'ai vu en live aux Grammy, avec juste un cœur, c'est absolument fantastique»

Épisode 3 - La séquence du 15 décembre

Récemment, Gast Waltzing a dirigé l’orchestre pour trois concerts avec les musiques d'Harry Potter, pendant des projections des films. «C’est la chose la plus difficile que j’ai faite, j’ai travaillé la partition pendant cinq mois, je me suis levé chaque matin à 5h. La musique d'Harry Potter, c’est 3h15 de musique non-stop et on ne peut pas se tromper, sinon l’orchestre perd le fil. C’est un challenge que j’ai adoré. Quand je fais mes musiques de film, c’est plus facile».

À ses débuts, Gast Waltzing a participé à l'Eurovision avec son groupe. «Je ne connaissais pas le business, j'étais trop jeune, trop naïf. Je ne regrette pas, j'ai appris beaucoup de choses, mais c'était un peu dur sur le moment. Je l'aurais fait autrement, je ne me laisserai plus influencer par tous les gens qui disent: "Tu dois faire ce morceau, tu dois t'habiller comme ça..."».

L’artiste a toujours «des projets super»! «Mon rêve pour l’avenir, c’est de continuer ce que je fais». Avant la musique, Gast Waltzing a gagné sa première paie comme... facteur. «À quinze ans, j’ai repris la tournée de mon père pendant les vacances». Avec son premier salaire, il a, bien sûr, acheté des disques.

«Ennio Morricone cherche des sons, fait des trucs bizarres. Tout le monde connaît, a les images. Ce mec était absolument génial»

Épisode 2 - La séquence du 14 décembre

Gast Waltzing multiplie les collaborations avec les plus grands, de Gregory Porter à James Morisson ou encore Patricia Kaas et Amy MacDonald. «J’avais l’impression qu’elle ne voulait pas le faire, qu’elle avait un peu peur de l’orchestre philharmonique. C’est pour ça qu’elle voulait aussi s’entourer de ses musiciens. Mais ça a bien marché».

Le Luxembourg n’est pas un terrain facile, pour un musicien. «Si on veut vivre professionnellement de la musique et si on veut avancer, il faut quitter le pays, qui a le désavantage d’être très petit. Si on fait un concert par an, tous ceux qui veulent te voir, ils t’ont vu. On ne peut pas partir en tournée comme en France. On a beaucoup d’avantages au pays, mais ça, c’est le gros désavantage». Encore faut-il «avoir le courage et l’endurance» d’aller affronter la concurrence plus importante des grandes villes.

«C’est un classique, même si moi, les chansons de Noël, ça me soûle»

Épisode 1 - La séquence du 13 décembre

Ce Grammy Awards décroché en 2016 avec Angélique Kidjo et l’OPL, «c’est le rêve de chaque musicien, mais on n’en parle jamais, parce qu’on ne peut pas le toucher. L’expérience était super». Pour Gast Waltzing, tout a commencé dans une fanfare, à Useldange. «Mon père était secrétaire et jouait du saxophone, et moi je voulais entrer dans la fanfare».

À l’occasion de son concert de nouvel an au théâtre d’Esch, le 1er janvier, à 17h, Gast Waltzing fait participer des jeunes. «Il y aura du rap, du hip hop, des danseuses hip hop et je les associe avec un orchestre de chambre. Pour moi, la musique c’est la musique, je n’aime pas séparer le classique du hip hop.

«C’est le groove, c’est la joie, c’est la musique, c’est cool, c’est génial»

La «Story»

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(L'essentiel)

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