A Luxembourg – La police a confiné le cortège des manifestants
Publié

À LuxembourgLa police a confiné le cortège des manifestants

LUXEMBOURG - Environ 350 manifestants ont défilé à Luxembourg-Ville, samedi après-midi, contre les mesures sanitaires.

1 / 8
Environ 350 manifestants ont défilé à Luxembourg-Ville, samedi après-midi, contre les mesures sanitaires.

Environ 350 manifestants ont défilé à Luxembourg-Ville, samedi après-midi, contre les mesures sanitaires.

Vincent Lescaut
Au total, une trentaine de personnes ont été interpellées, dont 14 au niveau administratif.

Au total, une trentaine de personnes ont été interpellées, dont 14 au niveau administratif.

Vincent Lescaut
Vincent Lescaut


Environ 350 personnes ont manifesté samedi après-midi, à Luxembourg-Ville, contre les mesures sanitaires destinées à combattre l'épidémie de Covid-19. Le face-à-face avec la police a parfois été tendu, les autorités s'efforçant de contrôler la situation, sans laisser une grande marge de manœuvre aux personnes qui se sont rassemblées devant la gare centrale, avant de se diriger, sous bonne escorte, vers l'avenue de la Liberté.

Là, les policiers ont bloqué les manifestants pendant plusieurs heures. Le cortège des opposants aux mesures sanitaires, transis de froid, s'est progressivement disloqué en début de soirée. «Toutes les personnes ayant fait partie de ce rassemblement non autorisé ont été soumises à un contrôle d’identité», a indiqué la police dans un communiqué publié vers 20h, précisant que le confinement de la manifestation à l'avenue de la Liberté a été levé vers 19h10.

Au total, une trentaine de personnes ont été interpellées, dont 14 au niveau administratif, selon les informations transmises par les autorités. Dans 16 cas, des procédures judiciaires ont été entamées, entre autres pour rébellions ou lancement d’engins pyrotechniques en direction des agents de police. La police a précisé qu'elle assurerait une présence au centre-ville tout au long de la soirée.

Revivez le fil des événements:

18h30 La zone fermée par la police se rétrécit au fil des quarts d’heure, avenue de la Liberté. Les forces de l’ordre ne libèrent toujours pas la centaine de manifestants. Aucune explication n’est donnée. Le froid et la nuit ont eu raison des protestations.

18h12 Les policiers ne lâchent rien. Contre toute attente, et quand personne ne s’y attend, ils continuent de charger sur un très court périmètre qui se réduit de plus en plus. La grosse centaine de manifestants encore coincés perd patience dans la nuit froide.

17h38 De manière peu compréhensible, la police continue de charger dans la foule de manière impromptue pour neutraliser des manifestants un par un. La rue ne comprend plus. La colère gronde sur l’avenue de la Liberté. Il y aura bientôt plus de policiers que de manifestants.

17h19 La tension remonte chez les policiers qui continuent d'intercepter rapidement des électrons libres. Personne ne comprend pourquoi dans les rangs des manifestants, frigorifiés par le froid et l'humidité. Il fait désormais nuit sur l’avenue de la Liberté. Les insultes fusent dans tous les coins.

16h55 La manifestation est au point mort. Des sorties sont sporadiquement possibles, de manière très minime, pour celles et ceux qui sont prêts à patienter longtemps avant de devoir montrer leurs papiers aux policiers. La nuit tombe peu à peu sur l'avenue de la Liberté et les commerces pris en tenaille dans la zone barrée n’ont plus qu’à fermer.

16h24 Les esprits s'échauffent à nouveau. De solides charges de policiers ne laissent que peu de chances aux récalcitrants. La foule s'impatiente, alors que la luminosité commence à diminuer sur l'avenue de la Liberté.

16h12 Un par un, des manifestants peuvent petit à petit quitter la zone de 200 m de long contrôlée par deux barrages de policiers. Une première porte de sortie semble s’ouvrir pour celles et ceux qui veulent quitter la manifestation qui n’en a plus que le nom… Pour pouvoir quitter les lieux, chaque manifestant doit également montrer ses papiers aux policiers.

15h52 De manière chirurgicale, la police intercepte au compte-gouttes l’un ou l'autre manifestant. L'humidité et le froid paralysent la foule sur l'avenue de la Liberté.

15h50 Des manifestants s'étreignent pour se réconforter et se tenir chaud. L'incompréhension gagne les rangs d’une foule qui ne sait plus très bien sur quel pied danser face à des policiers qui resserrent la zone neutralisée sur l'avenue de la Liberté.

15h40 Une chenille se forme sur les voies du tram alors que l'étau se resserre. Les manifestants dansent, les policiers réduisent la zone bouclée sur 250 m de long.

15h34
La foule vient de dégager les voies du tram pour se réunir en vis-à-vis sur les trottoirs de l'avenue de la Liberté, laissant les deux barrages de police se faire face à face sur 300 mètres de long. «La police avec nous», crient les manifestants en tapant sur des casseroles.

15h25
«Je viens de téléphoner à la police, pour lui demander de nous amener des… toilettes» indique un manifestant. «Des femmes ont froid et veulent faire pipi, alors qu’elles ne peuvent plus sortir des deux barrages de policiers».

15h21
Scène qui témoigne de la tension chez les policiers, un tout petit drone s’est posé au milieu de l'avenue de la Liberté, faute de batterie suffisante. Des manifestants ont voulu le ramasser et une dizaine de policiers ont bondi pour le récupérer.

15h12 «C’est la troisième manifestation à laquelle je participe» raconte un manifestant. «Les deux premières, c'était génial, car on avait pu faire le tour de la ville. Ici, cette fois-ci, c’est vraiment n'importe quoi… On a été bloqués après plusieurs centaines de mètres. Si on reste là, comme ça, on va vraiment avoir froid».

15h08 Troisième charge de la police qui surprend une nouvelle fois celles et ceux qui commençaient à s'asseoir sur les voies du tram. Il fait très froid et très humide, mais ça chauffe en tête de cortège. Les manifestants veulent de la «liberté, liberté, liberté». Tout est bloqué et la tension est palpable!

15h06
«On a essayé de passer au-delà des policiers, mais ils ont tout de suite réagi avec force» explique un manifestant dépité et déçu de ne pas pouvoir aller beaucoup plus loin que l’avenue de la Liberté. «On est vraiment bloqués, c’est n'importe quoi… On essaie de passer des deux côtés, c’est impossible. On commence à se demander ce que l’on fait là…»

14h58 Incompréhension dans le cortège. 350 protestataires se sont fait coincer par la police sur une portion de 300 m de long sur l’avenue de la Liberté. Plus personne ne peut sortir de ce petit périmètre, juste avant la place de Paris. Une deuxième charge de la police est remarquée en tête de cortège.

14h46 Des coups de matraque ont été donnés pour neutraliser des manifestants.

14h42 «No more CovidCheck» peut-on désormais entendre, mais plus rien ne bouge sur les voies du tram qui ne peut plus circuler, non plus. Les premières charges de policiers viennent d’avoir lieu en tête de cortège. L'ambiance est très tendue.

14h37 Des dizaines de policiers bloquent déjà les manifestants au croisement de l’avenue de la Liberté et de la place de Paris. Les «liberté, liberté, liberté» redoublent d'intensité, alors que le cortège de manifestants est déjà à l'arrêt. Contre toute attente…

14h30 Le cortège démarre au son de «liberté, liberté, liberté» et quitte la gare centrale de Luxembourg. Des policiers armés de boucliers empêchent d'emblée les manifestants d'emprunter les petites rues du quartier. Les premiers fumigènes sont craqués dans l’avenue de la Liberté où éclatent déjà et très rapidement les premiers pétards.

14h22 «Je suis immunisé contre le contrôle de l’esprit», peut-on lire sur une pancarte. «Liberté et vérité», «Quand l’injustice devient loi, la résistance est un devoir», indiquent encore d’autres messages écrits sur des cartons. L’ambiance est bonne dans les rangs des manifestants qui n'hésitent pas à se servir des petits vins chauds pour tenter de lutter contre le froid et l'humidité.

14h11 «Ma femme m’a demandé, ce que j’allais encore faire à cette manifestation», nous explique un homme d’une cinquantaine d'années. «Je lui ai répondu que c'était comme pendant "la guerre". Si on ne se bouge pas, rien ne changera. C’est encore calme pour le moment. On sent qu’il n'y a pas de "culture de la manifestation" au Luxembourg. La chance que j’ai au travail, c’est que mon chef est totalement contre la vaccination obligatoire».
Sur la voie de la Liberté, l'artère principale au départ de la gare de Luxembourg, les sirènes retentissent de manière épisodique. La police prépare le terrain et se déploie progressivement dans les rues de la capitale.

14h Sous une brume épaisse, et malgré le froid et l'humidité, une petite centaine de manifestants se sont donné rendez-vous, ce samedi à 14h, devant la gare de Luxembourg pour une nouvelle manifestation contre les mesures sanitaires. Des dizaines de policiers sont déjà en place pour encadrer le cortège et d'éventuels débordements. Toute la ville est également quadrillée avec des policiers en moto.

(Frédéric Lambert/ Vincent Lescaut/ L'essentiel)

Un autre rassemblement au Glacis

Une autre manifestation s’est déroulée au Glacis, à partir de 14h. Elle a rassemblé une trentaine de personnes et s’est déroulée «de manière paisible», selon la police. La circulation a été légèrement perturbée. Ce rassemblement s’est dissous vers 16h30.

Ton opinion