Attaque au Danemark – La police aurait tiré à 30 reprises sur le suspect

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Attaque au DanemarkLa police aurait tiré à 30 reprises sur le suspect

Alors que des centaines de personnes se sont rassemblées mercredi pour rendre hommage aux victimes de Copenhague, on en sait davantage sur l'intervention policière.

Omar El-Hussein, Danois de naissance et d'origine palestinienne, a été tué lors d'un échange de tirs avec la police, tôt dimanche. Les forces de l'ordre ont également donné des précisions sur le déroulement des attentats qui ont fait deux morts et cinq blessés. Ces derniers sont tous sortis de l'hôpital mardi. L'enquête a montré que le jeune homme de 22 ans avait d'abord essayé sans succès de pénétrer dans le centre culturel attaqué «par des entrées autres que l'entrée principale», selon le communiqué de la police. Sa première victime a été abattue dans la rue voisine, avec un M95, un puissant fusil retrouvé plus tard sur un terrain de football de son quartier.

Des médias danois ont affirmé que la police avait alors tiré à 30 reprises contre El-Hussein. Selon la presse suédoise, ce sont les policiers suédois, chargés de garantir la sécurité de Lars Vilks, caricaturiste et bête noire des islamistes depuis qu'il a représenté le prophète avec un corps de chien en 2007, qui ont riposté lors de l'attaque du centre culturel. «Les policiers ont cru qu'ils avaient touché l'assaillant, mais il peut aussi avoir porté un gilet pare-balles», a indiqué au quotidien «Sydsvenskan» un policier. El-Hussein s'est ensuite enfui en voiture.

La police et les services de renseignements critiqués

Dan Uzan, 37 ans, qui montait la garde samedi devant la grande synagogue où était célébrée une bar mitzvah, a lui été tué d'une balle dans la tête. Les deux armes utilisées, des pistolets de 7,5 mm et 9 mm, ont été retrouvées sur le corps d'El-Hussein lorsqu'il a été abattu, ont précisé les enquêteurs. Des centaines de personnes se sont rassemblées mercredi après-midi dans un cimetière juif pour lui rendre un dernier hommage. La chef du gouvernement danois, Helle Thorning-Schmidt, assistait à l'enterrement, placé sous la surveillance étroite de la police. De nombreuses personnes n'avaient pu entrer dans la salle de prière et étaient massées à l'extérieur.

La communauté juive a déploré dans le quotidien Jyllands-Posten que la sécurité n'ait pas été augmentée autour de ses institutions, après les attentats de Paris qui ont visé un magasin casher en janvier dernier. Ainsi, «avant le week-end, il n'y avait pas de policiers devant» le musée juif, a affirmé le directeur du lieu, Janne Laursen. L'attitude des services de renseignements danois (PET) est également critiquée. Les PET avaient été alertés en septembre dernier d'un «risque de radicalisation» de l'auteur présumé des attentats, alors qu'il se trouvait en prison. Un rapport estimait toutefois que rien ne portait «à croire qu'il planifiait une attaque».

«Ils auraient dû réagir à plusieurs niveaux. Au minimum, les PET auraient dû aller voir (El-Hussein) en personne et faire une évaluation des risques», a estimé Magnus Ranstorp, expert en terrorisme interrogé par le quotidien Berlingske. Quand il a parlé pour la première fois d'aller combattre en Syrie, le jeune homme purgeait une peine de prison pour une agression au couteau.

(L'essentiel/AFP)

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