Sécurité au Luxembourg – La police se prépare à un week-end encore tendu

Publié

Sécurité au LuxembourgLa police se prépare à un week-end encore tendu

LUXEMBOURG - La police grand-ducale va renforcer son dispositif en vue des manifestations de vendredi et samedi. Elle cherche un équilibre entre liberté et sécurité.

Plusieurs cortèges sont prévus ce week-end.

Plusieurs cortèges sont prévus ce week-end.

Editpress/Didier Sylvestre

«Au Luxembourg, on n’a pas l'habitude de manifestations avec cette régularité. Chaque week-end, il y a une nouvelle constellation. Et même un tourisme de manifestation, avec des groupes qui viennent au Luxembourg pour en découdre». Présidée par Stéphanie Empain (Déi Greng), la commission Sécurité intérieure à la Chambre s'est réunie jeudi, à la demande du CSV, pour tenter de répondre à cette situation nouvelle. À l'aube d'un week-end qui s'annonce mouvementé sur fond de CovidCheck en entreprise.

Ce vendredi, une Marche blanche d'opposants aux mesures sanitaires entre la Philharmonie et le Glacis dans la capitale devrait croiser la route d'une contre-manifestation (une première) prévue en sens inverse. Samedi, des défilés similaires à ceux de samedi dernier sont attendus. Des renforts de police sont prévus, notamment belges. «La police ne peut se permettre de mettre chaque week-end tous ses effectifs. Cela a un impact majeur sur les congés, les repos des policiers et sur d'autres services dont ils sont issus», note Stéphanie Empain, qui rappelle le manque d'effectifs, en attendant que les recrutements prévus (200 par an pendant trois à quatre ans) ne se fassent ressentir.

«Exfiltrer les fauteurs de trouble»

La police scrute les réseaux sociaux pour tenter d'adapter à chaque fois son dispositif et sa stratégie. «La police cherche le juste milieu, à éviter l'escalade. On s'aperçoit qu'à l'étranger il y a eu plus de dégâts avec des dispositifs plus conséquents», poursuit la députée, qui appelle à laisser à la police le soin de décider de sa stratégie selon son analyse de la situation». Pour elle, il faut éviter de céder aux extrêmes et défendre une recherche de l'équilibre de tradition au Grand-Duché. «Ce serait dommage que ces temps de crise soient un prétexte pour y renoncer».

La réunion n'a pas forcément rassuré Laurent Mosar (CSV). «On ne peut accepter que des casseurs venant de France viennent faire la bagarre ici et que la loi ne soit pas respectée par des manifestations hors du périmètre défini et non déclarées, a-t-il insisté jeudi. Depuis des semaines, des policiers renoncent à leurs congés mérités pour être là. Des services sont affaiblis. Des effectifs déjà touchés par les cas de Covid».

Le député a réclamé que soit mis en place un droit sur les manifestations, comme dans les pays voisins. «En France, si les règles sont enfreintes, l'amende monte à 7 500 euros, c'est plus dissuasif que les 250 euros au Luxembourg. Et les organisateurs, ou à défaut les leaders ou ceux qui appellent à ces rassemblements, sont responsables». Appelant à «exfiltrer les fauteurs de trouble», éventuellement dès les trains, il estime ne pas avoir reçu beaucoup de réponses sur les points soulevés. Faut-il dissoudre d'entrée ces manifestations non déclarées et hors périmètre? «Le Luxembourg a une tradition de respect du droit de manifester. En pratique, dissoudre un groupe peut aussi provoquer une dispersion».

(Nicolas Martin/L'essentiel)

Ton opinion