La police tire des gaz lacrymogènes dans un hôpital au Kenya

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La police tire des gaz lacrymogènes dans un hôpital au Kenya

La police paramilitaire kényane, qui réprime par la force les manifestations de l'opposition dans le pays, a tiré jeudi des gaz lacrymogènes dans l'hôpital public d'Eldoret (ouest) et à balles réelles à l'extérieur de l'établissement.

Au moins 14 employés de l'établissement ont été battus par les forces de l'ordre et un responsable de la sécurité a été blessé par des grenades lacrymogènes, alors qu'ils tentaient d'empêcher la police d'entrer plus avant dans l'hôpital, a affirmé le responsable des relations publiques de l'hôpital Moi, Tony Kirwa.

L'attaque a eu lieu jeudi vers 14h00 (11h00 GMT), à la fin des horaires légaux de visites, alors que de nombreux visiteurs quittaient l'hôpital Moi et que des infirmiers rentraient de leur déjeuner. Tout rassemblement est interdit par la police dans le pays depuis la crise née de la contestation par l'opposition des élections du 27 décembre.

Douilles et grenades lacrymogènes

Les policiers "ont commencé à frapper des médecins, des infirmières et des membres de la sécurité", a raconté un responsable de la sécurité dans l'établissement, Julius Chelimo. "Ils ont tiré des gaz lacrymogènes et ont commencé à tirer (à balles réelles) au-dessus de l'hôpital", a-t-il ajouté. Un autre responsable de la sécurité, Samuel Biwott, a confirmé les faits. "J'ai essayé de les arrêter. Ils m'ont tiré des gaz lacrymogènes dessus", a-t-il expliqué. "Ils tiraient à balles réelles en l'air depuis l'extérieur" de l'hôpital, a-t-il ajouté.

"Nous avons trouvé des douilles de balles et de grenades lacrymogènes" au niveau du service des urgences, a précisé M. Kirwa. Dans le reste de la ville d'Eldoret, la police paramilitaire a battu de façon indiscriminée des dizaines de passants et des automobilistes, selon une journaliste sur place.

L'opposition kényane, qui conteste la réélection du président Mwai Kibaki le 27 décembre, avait appelé à trois jours de manifestations dans tout le pays, de mercredi à vendredi. Aucun rassemblement en tant que tel n'a eu lieu à Eldoret jeudi, alors que la veille 4 000 personnes s'étaient réunies avant d'être dispersées violemment par la police.

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