Bisbilles diplomatiques – La Pologne répond aux critiques d'Asselborn

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Bisbilles diplomatiquesLa Pologne répond aux critiques d'Asselborn

LUXEMBOURG/VARSOVIE - L'ambassadeur polonais au Luxembourg a accusé le ministre des Affaires étrangères de véhiculer des stéréotypes sur son pays.

Jean Asselborn, après s'être attiré les foudres de la Hongrie, est dans le viseur de la Pologne.

Jean Asselborn, après s'être attiré les foudres de la Hongrie, est dans le viseur de la Pologne.

AFP/Emmanuel Dunand

Les critiques de Jean Asselborn n'ont pas tardé à faire réagir la Pologne. L'ambassade de Pologne au Luxembourg a envoyé un communiqué lundi midi, dénonçant les déclarations du ministre luxembourgeois des Affaires étrangères à l'encontre de Varsovie. «M. Asselborn duplique les stéréotypes superficiels sur la situation en Pologne», dénonce l'ambassadeur, Piotr Wojtczak, qui évoque «des opinions créées sur commande politique».

M. Wojtczak estime que Jean Asselborn ne fait «aucun effort d'analyse approfondie» dans ses critiques, en utilisant «des généralités et des attaques injurieuses», concernant notamment le système judiciaire. «Les changements dans ce domaine ont pour intention la liquidation des pathologies accumulées au cours des dernières années», défend l'ambassadeur. La réforme respecte le droit européen, selon lui. Il reproche aux personnes ayant récemment critiqué la politique de la Pologne, dont Asselborn, une «violation flagrante des principes d'objectivisme, du respect de souveraineté, de la subsidiarité et de l'identité nationale», ayant pour but de stigmatiser un État.

Dans une interview au Tagesspiegel, un média allemand, Jean Asselborn avait dénoncé la politique menée par la Pologne. Selon lui, Varsovie veut créer un «ordre social ultraconservateur», fondé sur le sentiment national. Actuellement, le pays ne remplirait plus les critères pour intégrer l'Union européenne, toujours selon le Luxembourgeois. Il reproche notamment des atteintes à l'état de droit. Les autorités de Varsovie sont régulièrement sous le feu des critiques en Europe depuis le retour au pouvoir du parti ultraconservateur Droit et justice (PiS) en novembre 2015. Ses partenaires lui reprochent des entraves à la liberté de la presse, la remise en cause d'acquis sociaux ou encore la mise au pas du système judiciaire.

(jg/L'essentiel)

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