Dècès de Naomi Musenga – La procédure au SAMU n'était «pas conforme»

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Dècès de Naomi MusengaLa procédure au SAMU n'était «pas conforme»

L'inspection générale des affaires sociales a estimé que la procédure appliquée par le SAMU, au moment du décès de Naomi Musenga, n'a pas respecté les bonnes pratiques.

«La procédure générale de régulation» appliquée par le SAMU de Strasbourg, au moment du décès, fin décembre, de Naomi Musenga, n'était «pas conforme aux recommandations de bonnes pratiques» et «source de risque pour les patients», indique l'Igas, dans un rapport publié mercredi. Les réponses «non adaptées de l'assistante de régulation médicale (ARM)», qui n'avait pas pris l'appel de la jeune femme au sérieux, sont aussi mises en cause par l'Inspection générale des affaires sociales, car elles ont «conduit à un retard global de prise en charge de près de 2 heures et 20 minutes».

«Alors que tout appel à caractère médical devrait être "régulé" par un médecin, la procédure en vigueur au SAMU de Strasbourg permettait aux assistants de régulation médicale, dans certains cas, de traiter seuls ce type d'appels», notamment dans les cas ou l'ARM jugeait qu'il n'y avait pas d'urgence vitale «avérée ou potentielle ou de besoin de réponse médicale immédiate», observent les inspecteurs de l'Igas dans ce rapport. «Ainsi, il pouvait être proposé à l'appelant de composer lui-même le numéro d'un médecin pendant la journée» dans certains cas, ce qui n'est ni «conforme aux recommandations de bonnes pratiques de la Haute autorité de Santé», ni «au référentiel de la Société française de médecine d'urgence», relève la mission.

Les procédures en vigueur «soulignaient néanmoins la nécessité de transférer l'appel à un médecin régulateur de l'aide médicale d'urgence, par exemple dans le cas d'une douleur abdominale», ce qui «n'a pas été fait» par l'opératrice, pointent aussi les inspecteurs, notant son «ton moqueur» et «dur». Ainsi, «le non-respect de la procédure interne de régulation» par l'opératrice, «à deux reprises, a conduit à un retard de prise en charge adaptée de 2 heures et 19 minutes» mais «seule une expertise clinique permettrait de mesurer la perte de chance» de survie «afférente à ce délai», indiquent-ils.

(L'essentiel/afp)

Démission du patron du SAMU

Après la publication du rapport, les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) ont annoncé avoir «accepté» la démission du responsable du SAMU, auquel l'Igas reproche notamment un défaut «d'accompagnement de la famille». Ce médecin avait présenté sa démission début mai, lorsque l'affaire avait éclaté.

L'assistante de régulation, qui avait réceptionné l'appel de la victime, fait l'objet d'«une suspension à titre conservatoire depuis le 9 mai». Une «procédure disciplinaire sera également engagée» à son encontre.

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