Selon Lydia Mutsch – «La qualité du médicament ne va pas se dégrader»
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Selon Lydia Mutsch«La qualité du médicament ne va pas se dégrader»

LUXEMBOURG - À partir du 1er octobre, deux types de médicaments seront systématiquement remplacés par des génériques, a annoncé la ministre de la Santé, ce vendredi. Le patient qui préfèrera des médicaments de marque devra payer de sa poche.

Le ministère de la Santé lancera une campagne pour sensibiliser les citoyens à l'utilité de choisir des médicaments génériques.

Le ministère de la Santé lancera une campagne pour sensibiliser les citoyens à l'utilité de choisir des médicaments génériques.

Ministère de la santé

La politique des médicaments génériques, qui entrera en vigueur au 1er octobre, ne s'appliquera dans un premier temps qu'à deux groupes de médicaments, à savoir les hypocholestérolémiants, visant à réduire le taux sanguin de cholestérol, et les préparations contre l'ulcère peptique. Pour ces traitements, le patient ne se verra plus proposer un médicament de marque, mais un générique moins cher. C'est ce qu'ont précisé ce vendredi matin les ministres socialistes de la Santé, Lydia Mutsch, et de la Sécurité sociale, Romain Schneider.

L'objectif est une gestion responsable des ressources budgétaires de la Sécurité sociale, afin de préserver l'équilibre financier de la Caisse nationale de santé (CNS). Si un patient tient à utiliser un médicament plus onéreux, il devra payer la différence de sa poche. Les prix exacts des génériques et du taux de remboursement doivent encore être dévoilés. «Nous avons choisi ces deux groupes de médicaments, parce qu'ils permettent une mise en pratique facile et ont un impact économique considérable», a expliqué vendredi matin, Romain Schneider. À eux seuls, ces deux types de traitements représentent environ 10% des dépenses totales de la CNS. Selon les calculs, leur remplacement par des génériques permettra d'économiser 2 millions d'euros par an, étant donné que les génériques sont en moyenne 30% moins chers que l'original.

«Certains citoyens sont méfiants»

La ministre de la Santé a tenu à préciser que ces médicaments n'étaient pas moins bons. «Il s'agit de médicaments avec la même fiabilité, efficacité et sûreté que le médicament de marque. La même qualité, mais à des prix plus abordables», a-t-elle souligné. En effet, un générique présente la même substance active que l'original mais peut être proposé à un prix moins cher après l'expiration du brevet d'exclusivité de l'entreprise pharmaceutique qui l'a développé. «Certains citoyens sont méfiants et craignent qu'une volonté d'économies ne se traduise par une dégradation de la qualité. Ce n'est pas le cas (voir encadré)», a précisé Lydia Mutsch.

Confronté notamment au problème du vieillissement de la population, la CNS doit faire des économies afin de préserver la viabilité d'un système de santé, qui selon la ministre est «l'un des meilleurs du monde». Évoqués depuis 2006, les génériques peuvent aujourd'hui faire leur entrée sur le marché luxembourgeois, à l'instar de nos pays voisins où ils représentent 15% de part de marché en Belgique, 30% en France et 67% en Allemagne, contre 7% actuellement au Grand-Duché.

La liberté de choix en matière de prescription de médicaments par le médecin traitant sera toutefois préservée pour correspondre au mieux à l'état de santé et aux besoins du patient. L'idée est d'inciter à prescrire une substance active plutôt qu'une marque, précisent les ministres Mutsch et Schneider. Le pharmacien sera tenu à conseiller au mieux son client et de le rendre attentif à la différence de prix. Cette nouvelle pratique s'inscrit dans la lignée de la loi sur la réforme de la santé, avalisée en 2010. Jusqu’à présent, elle s’était heurtée à la réticence des pharmaciens et de la Patiente Vertriedung qui critiquent notamment qu'un patient allergique à des substances associées dans les médicaments génériques devra continuer de recourir à un médicament plus cher, mais sans pour autant être remboursé plus.

(Laurence Bervard/ L'essentiel)

Pourquoi le générique est-il moins cher?

Un laboratoire pharmaceutique a la possibilité de faire breveter un médicament pour lequel il a engagé des frais de recherches sur plusieurs années afin de se garder l'exclusivité de sa molécule. Après l'expiration des brevets, valables en général 20 ans, tout autre laboratoire a la possibilité de le copier.

Étant donné qu'il connaît les substances qu'il contient, il n'a plus besoin d'engager de frais de recherches et peut dont proposer son produit à moindre prix, afin de concurrencer avec l'original. Les prix entre un générique et l'original peuvent varier de 1 à 68%. Face à un prix meilleur marché, beaucoup de personnes craignent une réduction de la qualité.

Or, la substance active est exactement la même. Seuls les excipients, c'est-à-dire les substances associées, la forme d'un comprimé et sa couleur, peuvent varier de l'original.

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